Remiremont – « J’aime mon hôpital et je le défends ! »

C’est dans un esprit communautaire qu’élus, urgentistes, personnels de santé, responsables syndicalistes et l’ADEMAT-H avaient lancé un nouvel appel à se retrouver en ce 14 février, jour de la Saint-Valentin, afin de réaffirmer leur attachement au centre hospitalier romarimontain. Une savante manière de dire « j’aime mon hôpital et je le défends ». Une manifestation égayée par de jolis ballons décorés de petits coeurs. Après les différentes prises de paroles, ce sont environ 350 personnes qui ont pris part à un cortège qui a emprunté la rue Georges Lang, la place Jules Méline, l’avenue Julien Méline, la place des Martyrs de la Résistance pour ensuite remonter en sens inverse où les participants ont entamé le tour extérieur du centre hospitalier, salués au passage derrière les vitres par les différents personnels de service.

Il appartenait en premier lieu à la représentante du collectif inter-urgences de rappeler que ce 14 février 2020 marquait la 248ème journée de grève au service des urgences. Un mouvement suivi par 97 % des personnels, mais qui n’affecte aucunement la prise en charge des usagers. Un mouvement auquel s’est joint en fin d’année dernière les personnels du bloc opératoire.

Parmi les slogans mis en avant, l’on pouvait entendre : « Etat d’urgence, on est passé de la France à la souffrance ». Les représentants des différents syndicats santé (CGT, GFTC, CFDT) ont martelé tour à tour que l’hôpital est véritablement en danger, dénonçant au passage la casse « de ce qui était le meilleur système de soins au monde ». Un système performant d’enseignement et de recherche « désormais plié par trente années de réformes difficilement acceptables ». L’une des organisations syndicales a également appelé à aller manifester devant le Conseil Départemental, car selon elle, « le Département ne reprend pas tout en compte, se tournant plutôt vers la vision de l’Agence Régionale de Santé (ARS), au détriment des professionnels de service qui ne peuvent plus exercer convenablement, avec aussi l’impression de perdre leur dignité ».

Les paroles ont été parfois très fortes à l’exemple de «l’ARS est devenue le fossoyeur de notre santé ». Jean Pierrel, le président de l’ADEMAT-H en a même apporté un témoignage vécu  sur le site même du centre hospitalier le 6 février dernier, où un homme de 91 ans est entré de nuit aux urgences pour un problème obstructif de la vessie. Avec la fermeture du service urologie, le patient a du attendre près de huit heures sur un brancard pour être ensuite transporté en ambulance au CHU de Nancy après 13 appels téléphoniques de la part des soignants pour une prise en charge adéquate.

Supprimer des services, fermer des lits, il va de soi que c’est une chose inacceptable. Chacun est venu le dénoncer une fois de plus en ce vendredi de la mi-février. Pour le président de l’ADEMAT-H, il est plus que jamais urgent « de nous atteler à la construction d’un projet territorial de santé sur le modèle des conseils de développement. Nous refusons de subir, nous voulons agir » a t-il conclut.

Denis Philippe.

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