Remiremont – Il y a 30 ans, les Filatures de la Madeleine étaient inondées

Le 15 février 1990, les eaux de la Moselle en crue ont submergé le site des Filatures de la Madeleine et les zones voisines de Remiremont. L’ensemble des ateliers et des magasins de l’entreprise ont été recouverts par 1,30 m d’une eau boueuse dérivée par les travaux en cours sur la voie de contournement de la cité des chanoinesses.

 

L’une des premières filatures européennes à l’époque.

Au sujet de ces inondations, Jean-François Scherlen, directeur technique à l’époque, se souvient raconte : « Aujourd’hui, les médias nous ont habitués à voir de tels événements car, de plus en plus souvent, nous parvient le spectacle désolant de villages ou de villes en proie à de spectaculaires inondations. Celle de 1990 aura été fatale aux Filatures de la Madeleine qui ont maintenant laissé place à une zone commerciale portant leur nom ».

 

« Pour moi, le seul rappel de cet événement climatique ne doit pas être l’arbre cachant la forêt. Beaucoup de Romarimontains, et particulièrement ceux ayant travaillé dans ou pour les Filatures, ont gravé dans leur mémoire de nombreux souvenirs de cette entreprise qui, depuis sa création en 1871, a fait vivre de nombreuses familles ».

!cid_3111F1BE-6C5D-4EFF-8B49-6013FE6C44B3@home

En 1980, elle employait plus de 300 personnes.

« Souvenir de l’odeur des balles de coton dans les magasins, celle de la bourre sortant des cardes ou celle des filés, produits finis destinés aux tissages et aux bonneteries français et étrangers. Le bruit des machines aussi, auquel on finissait par s’habituer, tout comme à la poussière qui, heureusement, s’est faite de moins en moins présente au fil des nombreuses modernisations du matériel ».

!cid_505B45F4-DF4F-44EF-8265-F2396DE12358@home

« Mais ‘‘La Madeleine’’ c’était surtout une usine dans laquelle l’ambiance de travail était excellente, même si parfois quelques grèves sont venues la bousculer. Son caractère familial, assumé par des patrons, la famille Antuszewicz, toujours présents et à l’écoute de tous, était apprécié par le personnel. Celui-ci leur rendait bien, les volontaires répondant toujours présents pour des heures supplémentaires ou des tâches ingrates ».

!cid_40D52C24-783E-40E7-93EA-2A9885E46258@home

« En clair, « ça bossait » et ce n’était pas pour rien que les Filatures de la Madeleine, avec leur production de 600 tonnes de fil par mois, étaient devenues une des premières filatures européennes ».

!cid_12D8FE60-245C-40C0-B4BC-1227ABE139DD@home

« Aujourd’hui, c’est du passé. Mais quand deux anciens se rencontrent sur le site de la filature, ils prennent plaisir à se situer virtuellement dans les anciens ateliers : «Tiens, ici on est dans la salle des mélanges, ou ici aux étirages, aux continus à filer ou à l’encaissage… ».

My beautiful picture
Le conseil municipal de Remiremont de l’époque, de gauche à droite : Messieurs Bourgeois, Ferretti, Girod, Bernard Antuszewicz, Montlevrant, Didier, Ketterer, Zaug et Gunslay.

 » La cheminée de l’usine, qui rappelait symboliquement l’ancienne identité du site, a été supprimée il n’y a pas si longtemps. Combien de temps encore avant que le souvenir de cette belle et généreuse entreprise, ayant frôlé les 150 ans d’existence, soit effacé des mémoires romarimontaines ? ».

Photographies : collection personnelle de Philippe Althoffer.