Dépistage en drive à Epinal, Remiremont, Saint-Dié-des-Vosges et Vittel

Depuis une semaine, les professionnels de santé qui présentent les symptômes du Coronavirus peuvent se faire détecter à Épinal, Remiremont, Saint-Dié-des-Vosges et Vittel. Trois laboratoires proposent des tests en Drive avec résultat en 24 ou 30h. D’autres s’y préparent.

Face à la propagation du coronavirus, il était nécessaire de pouvoir tester les personnels de santé suspects sans engorger plus le SAMU. Une convention avec l’Agence régionale de santé permet à trois laboratoires pour l’instant, Analysis sur Épinal et Remiremont, AtoutBio à Vittel et Biolia à Saint-Dié-des-Vosges de proposer le dépistage du Covid-19.

Seulement pour les professionnels de santé.

L’agence régionale de santé impose que seuls les personnels de santé, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’une pathologie grave, s’ils présentent les symptômes (fièvre et toux), puissent être testés. En situation confinée, (EHPAD, maisons d’arrêt…), seuls les 3 premiers cas suspects sont testés.

Éviter les résultats faussement négatifs.

« Ces restrictions viennent du fait qu’on n’a pas les moyens de diagnostiquer massivement, mais c’est aussi pour éviter les résultats faussement négatifs. Une personne contaminée met 5 à 7 jours pour déclarer les symptômes. Elle peut être contrôlée négative, partir rassurée, alors que le lendemain, elle virerait positive. Il vaut mieux faire le diagnostic quand les symptômes se manifestent», explique le Docteur Nicolas Frey de Biolia.

D’abord le filtre du médecin.

Les premiers tests ont démarré le 18 mars à Saint-Dié, le mardi 23 mars à Épinal, le 29 mars à Vittel. Le personnel qui présente des symptômes doit passer par le SAMU 88 ou son médecin pour établir une prescription. Ensuite, il téléphone, remplit le dossier à distance par mail ou fax, laisse un numéro de téléphone et prend rendez-vous.

Le drive pour éviter la contagion.

Pour éviter la contagion, les personnes dont le dossier a été validé et préparé à l’avance, ne descendent pas de voiture. C’est un système qui a été testé en Corée du sud, en Allemagne et même à Strasbourg. Prélever en extérieur diminue les risques de dissémination du virus. Pour Épinal, c’est une équipe de 3 personnes : un biologiste, un technicien et une secrétaire, qui est mobilisée chaque jour de 10h à 14h environ, du lundi au vendredi. Les tests pour le laboratoire Biolam de Saint-Dié s’effectue sur rendez-vous regroupés plutôt en matinée 2 à 3 jours par semaine par le docteur Nicolas Frey.

Un test qui travaille sur l’ARN.

Les biologistes prélèvent des secrétions dans les 2 narines avec un écouvillon (sorte de coton tige). Le test part à Paris pour Analysis comme pour Biolia de Sainte-Marguerite qui utilise aussi le plateau du groupe à Brumath et revient avec les résultats en 24 à 30h maximum. « Nous avons l’habitude de travailler sur le séquencement de l’ADN, mais le test utilise l’ARN. C’est pourquoi nous travaillons avec le laboratoire Cerba de Pasteur », explique le Docteur Gérard Lefaure, actionnaire d’Analysis.

Combien dure l’immunité ? Une inconnue pour l’instant.

Le Drive se fait dans le nouveau bâtiment du laboratoire Analysis en face de la Ligne bleue à Épinal et à l’ancienne pizzeria drive devenu labo Biolia à Sainte-Marguerite. « Si la personne est négative, il serait logique de refaire un test une dizaine de jours plus tard, si elle est positive, elle sera immunisée quelques mois mais est-ce que ça tiendra jusqu’à l’été ? On ne le sait pas encore. On ne connaît pas bien ce virus», interroge le Docteur Lefaure.

Matériel en tension.

Épinal effectue environ 100 tests par jour, Remiremont 50 tests/jour, mais Sainte-Marguerite n’en est qu’à 3 tests par jour car c’est un labo qui n’est installé que depuis 2 mois. Pour Analysis à Épinal, le taux de positivité des tests est de 70%, (alors que sur Sainte-Marguerite, il n’était que de 25%). « Aujourd’hui avec le nombre de tests dont nous disposons, il n’est pas possible d’augmenter la cadence car nous allons bientôt être en rupture d’écouvillons, remarque le Docteur Gérard Lefaure. C’est tendu pour les réactifs (tests) aussi”.

Pas d’extension de tests prévue pour l’instant.

« On a 20 masques par semaine pour le labo et pas de dotation en tant que telle, mais on pourrait de manière cohérente envisager que les professionnels en contact avec le public et présentant les symptômes puissent être testés. Ce n’est pas la consigne pour l’instant ».