Saulxures-sur-Moselotte – Médiathèque : les Goums Marocains en exposition

Du 1er au 31 octobre 2020, la médiathèque accueille des expositions photogrpahiques dédiées aux Goums Marocains. Entrée libre.

Les goumiers marocains étaient des soldats appartenant à des goums, unités d’infanterie légères de l’armée d’Afrique composées de troupes autochtones marocaines sous encadrement essentiellement français. Ces unités ont existé de 1908 à 1956.

D’abord supplétifs, puis réguliers, les goumiers se sont surtout illustrés lors de la Seconde Guerre mondiale, entre 1942 et 1945, période au cours de laquelle les quatre groupements de tabors marocains (GTM) regroupant chacun trois tabors (bataillons) lesquels rassemblent trois ou quatre goums (compagnies) chacun, principalement sous les ordres du général Guillaume, ont obtenu, entre 1942 et 1945, dix-sept citations collectives à l’ordre de l’armée et neuf à l’ordre du corps d’armée1, puis en Indochine de 1946 à 1954.

Le 2e groupement de tabors marocains (2e GTM) est, après le 2e régiment de chasseurs parachutistes, l’une des six unités d’infanterie les plus décorées de la Seconde Guerre mondiale avec le 3e régiment de tirailleurs algériens, le 4e régiment de tirailleurs tunisiens, le Régiment de marche du Tchad, la 13e demi-brigade de Légion étrangère et le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP).

Étymologie.

Le terme « goum » qui désigne une compagnie de goumiers, provient de l’arabe maghrébin « gūm » et de l’arabe classique قوم « qawm », signifiant « tribu, peuple, gens » qui désigne les contingents de cavaliers armés que certaines tribus fournissent au chef du pays lorsqu’il fait une expédition.

Le terme « tabor » provient du turc « tabur » signifiant « bataillon » soit directement, soit par l’intermédiaire de l’arabe طابور « ṭābūr » lui-même issu du turc.

Si la tradition française issue de la colonisation du Maroc a gardé un sens valorisant au mot goumier, dans son acception francophone la plus utilisée aujourd’hui, le « goumier » (en arabe : « goumi »), membre d’un goum, a un sens très péjoratif issu, cette fois, de la guerre d’Algérie, pendant lesquels les goumiers d’Algérie étaient, comme les harkis, des supplétifs de l’armée française et que le nom de goumier, goumi est aujourd’hui, par un malheureux simplisme historique, synonyme de « traître » ou de « collabo » dans certaines cours de récré, tant en Algérie qu’en France.

Création et différentes dénominations.

La création des premiers goums marocains, qui remonte à 1908, est due à l’initiative du général d’Amade. Les six premières formations formaient à leur début une milice locale5 destinée à assurer des patrouilles ou des missions de reconnaissance sur le territoire marocain. La dénomination de goum sera finalement régularisée le 9 avril 1913 et les unités placées sous l’autorité militaire française à la suite de leur comportement à Fès en 1911.

Lorsque le Maroc accède officiellement à l’indépendance en 1956, les goums quittent l’armée française et rejoignent l’armée royale marocaine le 11 mai 1956 à minuit.

Historique des garnisons, campagnes et batailles.

Les goums marocains se sont particulièrement illustrés lors de la Seconde Guerre mondiale entre 1942 et 1945, notamment lors de la campagne d’Italie au sein du Corps expéditionnaire français (CEF) du Maréchal Juin, puis lors des campagnes de France et d’Allemagne. Ils ont été ensuite largement engagés en Indochine de 1948 à 1954 et ont également participé au début de la guerre d’Algérie jusqu’en 1956. Ils ont finalement été dissous et intégrés à l’Armée Royale Marocaine au moment de l’indépendance en 1956.

Pacification du Maroc (1907-1934).

Environ 22 000 goumiers ont combattu aux côtés de l’armée française entre 1907 et 1934 durant la pacification du Maroc (colonisation) et 12 583 ont été tués entre 1907 et 1922.

Seconde Guerre Mondiale.

Composition des unités.

Un goum, l’équivalent d’une compagnie, regroupe environ 200 goumiers. En période de guerre, les goums sont regroupés en Tabor, équivalent d’un bataillon, de trois à quatre goums. Enfin, le Groupement de tabors marocains (GTM), l’équivalent d’un régiment, est composé de trois tabors.

Durant la Seconde Guerre mondiale, chaque GTM comporte près de 3 000 hommes dont un peu plus de 200 officiers et sous-officiers. Il comprend un goum de commandement et d’engin (GCE) et trois tabors.

Le GCE (environ 300 hommes) comprend notamment :

une section de protection et de pionniers ;

un peloton d’estafettes à cheval ;

un peloton antichar et de mortiers ;

un groupe muletier.

Le tabor (environ 900 hommes) comprend :

un GCE composé d’une section de mortiers de 81, d’un peloton de cavaliers et d’un groupe du train ;

trois goums de trois sections chacun.

La proportion d’« indigènes » dans un GTM est de 77 à 78 %.

Les quatre GTM constituaient l’équivalent d’une forte brigade d’infanterie légère sous l’appellation de « Commandement des Goums Marocains » (CGM) aux ordres du général Guillaume puis du colonel Hogard.

Quatre GTM marocains (environ 12 000 hommes) ont été formés pendant la Seconde Guerre mondiale.

En France 1944-1945.

En août 1944, environ dix mille goumiers participèrent aux opérations de la 1re armée française dans le sud et l’est de la France. « Jamais la route des Maures n’a autant justifié son nom » écrira le Maréchal De Lattre de Tassigny. Les 1er, 2e et 3e GTM jouèrent un rôle important dans la libération de Marseille en août 1944 et furent cités à l’ordre de l’Armée. À l’issue de la prise de Marseille, le général Guillaume, leur chef, prenant le commandement de la 3e DIA, confie le commandement des goums marocains à son second et camarade de promotion de Saint Cyr, le colonel Hogard. C’est lui qui les conduit ensuite dans les Alpes en automne puis dans les Vosges lors des combats meurtriers de l’hiver 1944-1945 et jusqu’en Allemagne.