À quelques semaines de l’entrée en vigueur de nouvelles obligations réglementaires, le préfet des Vosges, Blaise Gourtay, a fait le point ce jeudi matin sur la gestion du dossier des PFAS dans le département. L’occasion de revenir sur les mesures déjà engagées et celles qui entreront en application à compter du 1er juillet.
Premier sujet abordé lors de ce point presse : la situation aux Arrentès-de-Corcieux et à Tendon, où la présence de PFAS dans l’eau potable avait suscité de vives inquiétudes. « Nous avons traité l’eau par une filtration au charbon actif et la situation est revenue à la normale », a assuré le représentant de l’État.
Le préfet a rappelé que la loi du 27 avril 2026, portée par le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefebvre, instaure un nouveau cadre de surveillance. À partir du 1er juillet prochain, les plus importantes stations d’épuration urbaines et industrielles devront procéder à des analyses renforcées de leurs boues, en particulier dans les secteurs du textile et du papier, identifiés comme des sources potentielles de contamination.
« La présente circulaire demande également, en fonction des résultats de ces analyses, la mise en place de mesures de gestion pouvant aller jusqu’à l’interdiction de l’épandage », a précisé Blaise Gourtay.
Dans les Vosges, onze stations d’épuration sont concernées par ces nouvelles dispositions. « Nous allons nous mettre en ordre de bataille pour une application au 1er juillet », a indiqué le préfet.
Des industriels déjà mis à contribution
Parallèlement à ces nouvelles obligations, les services de l’État ont engagé un travail avec plusieurs entreprises textiles du département afin de réduire les rejets de PFAS à la source. Les industriels concernés ont fait évoluer leurs procédés de fabrication et, depuis novembre dernier, les boues issues de leurs activités ne sont plus épandues sur les terres agricoles. Elles sont désormais éliminées par incinération.
Pas de suspension immédiate des épandages agricoles
Pour autant, les boues provenant des stations d’épuration urbaines continuent actuellement d’être épandues. Les autorités préfectorales ne souhaitent pas prendre de mesures préventives avant de disposer des résultats des analyses qui seront réalisées dans les prochaines semaines.
Cette position a été confirmée par Laurent Marcos, directeur de la DDT. L’État estime en effet que les surfaces concernées demeurent limitées. « Les terres concernées représentent moins de 5 % des surfaces agricoles »», a souligné le préfet.
Une appréciation qui ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs associations environnementales avancent des chiffres plus élevés et réclament des investigations complémentaires, notamment sur les sols agricoles, les productions alimentaires et les éventuelles conséquences sanitaires pour les populations exposées.
Les premiers résultats de la campagne d’analyses attendus au cours de l’été devraient permettre d’affiner l’évaluation de la situation et, le cas échéant, d’engager des mesures supplémentaires pour limiter les risques liés aux PFAS.
