Sylvie Tuaillon, une femme de tĂȘte

L’actuelle PrĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration du BĂątiment et des Travaux Publics des Vosges Ă©voque son parcours fait de multiples expĂ©riences plus enrichissantes les unes que les autres.

Sylvie Tuaillon est nĂ©e Ă  Bussang en 1952, d’une famille qui y est installĂ©e depuis sept gĂ©nĂ©rations. C’est dire si ses attaches aux Vosges sont solides ! Si plus jeune elle s’intĂ©ressait aux langues Ă©trangĂšres, au droit et pensait embrasser une carriĂšre dans les relations internationales, c’est sur d’autres chemins plus locaux que la vie professionnelle va conduire Sylvie.

« AprĂšs avoir obtenu un BTS de Gestion comptable, j’ai choisi d’interrompre mon cursus pour entrer en 1973 dans l’entreprise familiale de menuiserie et charpente. J’avais tout Ă  apprendre du mĂ©tier, avant d’en assurer la succession » souligne-t-elle. Le dĂ©sir de faire perdurer l’entreprise hĂ©ritĂ©e de sa famille a Ă©tĂ© le plus fort.

Au service de la profession

Et c’est son fils Gilles, cinquiĂšme gĂ©nĂ©ration, qui en est aujourd’hui le prĂ©sident. « On est menuisier charpentier Ă  Bussang depuis 1850, la sociĂ©tĂ© a Ă©tĂ© enregistrĂ©e au Registre du Commerce en 1920. » La PME, dont la forĂȘt cĂŽtoie les ateliers, compte 18 salariĂ©s et a Ă©tendu son territoire d’activitĂ©s et son domaine de compĂ©tence aux coffrages bois spĂ©ciaux.

Du bois au béton

« L’entreprise a toujours adhĂ©rĂ© Ă  la FĂ©dĂ©ration du BTP, un engagement manifestĂ© pour la dĂ©fense de nos mĂ©tiers et de nos entreprises, » explique Sylvie Tuaillon. « C’est au dĂ©cĂšs de mon pĂšre en 1990 que j’ai Ă©tĂ© sollicitĂ©e pour participer au Conseil d’Administration, puis au Bureau, et en prendre la PrĂ©sidence en 2015. Mes missions premiĂšres portent, dans un contexte de crise Ă©conomique, accentuĂ©e par la crise COVID, sur le soutien aux entreprises confrontĂ©es aux difficultĂ©s et sur la dĂ©fense et la promotion de nos mĂ©tiers malmenĂ©s. Ils sont encore trop souvent mal aimĂ©s car on refuse encore d’en reconnaĂźtre la valeur, l’utilitĂ©, la richesse. Les a priori continuent Ă  vouloir dĂ©tourner les jeunes des formations par apprentissage et alternance. Je suis bien placĂ©e pour savoir que la base du mĂ©tier ne s’acquiert pas assis sur les bancs de l’école mais debout, au banc du menuisier » prĂ©cise-t-elle.

Une belle histoire de famille

Devoir s’imposer dans un milieu professionnel traditionnellement rĂ©servĂ© aux hommes n’a pas Ă©tĂ© une crainte pour elle. « En fait, je ne me suis jamais posĂ©e la question des rapports sexistes au travail, mais j’ai acquis suffisamment de mĂ©tier pour ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme professionnelle Ă  part entiĂšre. » MĂšre deux fois et quatre fois grand-mĂšre, Sylvie Tuaillon a su trouver et surtout maintenir son Ă©quilibre. « J’ai eu cette chance que mon mari intĂšgre l’entreprise, c’est Ă  deux que nous avons su construire sa pĂ©rennitĂ© tout en solidifiant nos liens familiaux. Maintenant nous passons le flambeau aux enfants qui ont souhaitĂ© poursuivre et s’inscrire dans la continuitĂ© de leurs aĂŻeuls. »

Le don de soi pour la chose publique

Egalement forte de trois mandats de maire-adjointe Ă  la commune de Bussang, on peut dire que Sylvie Tuaillon sait ce que signifie l’engagement au service de ses concitoyens : « une expĂ©rience trĂšs enrichissante concernant le fonctionnement de nos institutions, l’environnement politique et socio-Ă©conomique et l’administration gĂ©nĂ©rale de notre sociĂ©tĂ©. »

Le Théùtre du Peuple, un lien fort

« L’histoire de ma famille est profondĂ©ment attachĂ©e Ă  celle du Théùtre du Peuple depuis sa crĂ©ation en 1895 car ce sont mes ancĂȘtres qui ont construit le bĂątiment, du premier Ă©lĂ©ment de scĂšne en 1896 Ă  la derniĂšre partie des constructions en 1951 » Depuis son enfance elle participe Ă  cette formidable aventure et est membre du Conseil d’Administration depuis 1986.

Enfin, quand il lui reste du temps libre, Sylvie Tuaillon, trĂšs attachĂ©e aux montagnes vosgiennes, en profite pour dĂ©couvrir et redĂ©couvrir la belle forĂȘt, qui est au final le fil conducteur de sa vie.