Le logement à Gérardmer, un enjeu majeur !

A Gérardmer, Vincent Jeanbrun, Ministre du logement, et Michel Fournier, Ministre de la ruralité, ont abordé le logement avec le focus du surtourisme. Le logement, c’est l’équilibre des territoires en montagne. Il faut trouver le juste équilibre pour les ruraux, les saisonniers, les résidents, les jeunes, les seniors et les entreprises. 

« Les collectivités sont prêtes à construire, il leur faut les outils pour y aller en cordée », introduit Thomas Gion, maire de Gérardmer. « Ça doit être un travail collectif vu la problématique de forte présence touristique, on ne peut pas se permettre de perdre des habitants, au profit des résidences secondaires. On a besoin d’aider les Gérômois à se loger », poursuit Christophe Naegelen, député du secteur.

Pas de logements pour les employés ni les saisonniers

« Le prix du m2 a augmenté de 40 % depuis 6 ans », constate le sous-préfet de Saint-Dié-desVosges, Antoine Planquette, qui cite un rapport de 2022 sur les enjeux du logement. L’Union des métiers et industries hôtelière souligne la difficulté à loger les apprentis, employés ou saisonniers. Pierre Rémy, directeur du Grand Hôtel, qui emploie 850 personnes toute l’année, plus 500 en saison d’été et 200 en hiver, a dû racheter des bâtiments et en faire une trentaine de logements pour ses employés.

Des prix qui dissuadent

« Gérardmer travaille toute l’année en 4 saisons et reçoit également des étrangers, que la Ville doit être en capacité d’héberger ». Le lycée hôtelier signale que les prix des loyers dissuadent des jeunes de faire cette formation. Mais il n’y a pas que les acteurs du tourisme qui souffre du manque de logement, les entreprises n’arrivent pas non plus à recruter s’il n’y a pas de logements accessibles.

Pratiquement plus de foncier disponible

Le coût des terrains augmente, les surfaces sont en chute libre, il n’y a presque plus de foncier disponible, il faut donc reconvertir et moderniser l’existant, et les parkings saturent tous les week-ends. « Il faut réfléchir au surtourisme, pour ne pas le subir. Il ne s’agit pas de freiner le tourisme, mais de prévoir l’accueil et des services bien dimensionnés », soulignent les élus. « Nous sommes un territoire qui avons des solutions, il faut appuyer où ça fait levier », commente Christophe Naegelen.

Une décentralisation Habitat et logement

Vincent Jeanbrun propose de se doter d’outils nouveaux, une forme de décentralisation « Habitat et logement », qui permettent aux élus de reprendre le pilotage de leur foncier et de desserrer à certains moments la sobriété foncière. Peut-être faudra-t-il envisager une résidence hôtelière pour saisonniers. « Pourquoi ne pas utiliser les internats en période de vacances, quand ils sont vides ? », suggère Christophe Naegelen, « nous y réfléchissons ». Ce qui pose des questions d’entretien et de responsabilités.

Un binôme maire-préfet

La proposition pour desserrer l’étau de la sobriété et trouver des solutions adaptées, serait de faire confiance au binôme « maire-préfet » pour une « opération décrétée d’intérêt local » , tout en rendant confiance aux investisseurs par de la fiscalité immobilière. « On doit pouvoir créer un peu de souplesse », affirme le ministre du logement, qui veut provoquer un « choc de confiance » pour les élus.

Faire de la dentelle locale

Une longueur d’ondes que partage Michel Fournier, qui veut faire dans la dentelle, mettre bout à bout les idées pour faire émerger les solutions au niveau départemental. Vincent Jeanbrun imagine bien une équipe de France du logement avec les élus, les entreprises, les écosystèmes et l’État : « Je suis sûr qu’il y a un chemin. On a moins d’argent, il va falloir être inventifs. Le logement est une stratégie nationale, mais une politique locale. Il faut mettre en œuvre des solutions qui viennent du terrain ».