Les ministres du logement, Vincent Jeanbrun, et de la ruralité, Michel Fournier, étaient dans les Vosges ce vendredi 5 juin pour parler du logement en ruralité, où les petites communes ont bien du mal à réunir le budget nécessaire pour construire des logements. Un enjeu majeur face à la crise du logement et à l’objectif que s’est fixé l’État : 2M de logements de plus d’ici 2030 !
Pour les petites communes de moins de 1000 habitants, c’est clair, sans subvention, rien n’est possible ! « Trop de villages n’ont plus de perspectives, et ça, ce n’est pas possible ! », renchérit Michel Fournier, ministre de la ruralité, après que Céline Tanneur ait exposé les difficultés que sa commune rencontre. Sans logement, pas de nouveaux habitants et pas de vie au village.
L’aide à la pierre, un levier à « flécher »
« Il faut que la politique du logement reste proche du terrain », défend le ministre du logement en brandissant l’aide à la pierre, (une subvention qui finance la construction de logements sociaux), avec l’idée qu’elle pourrait représenter une enveloppe que les élus devraient « flécher », pour dire combien de logements, de quel type et où construire en fonction des besoins et de la réalité du territoire.
Le pouvoir de choisir où et combien
« On sait très bien que les bailleurs préfèrent investir là où ils sont sûrs de rentabiliser leur mise. Ils sont moins motivés par les petits projets de revitalisation, argumente le ministre. Mais je me méfie des effets de seuils, qui peuvent être bloquants. Le mieux serait qu’on donne aux élus le pouvoir de choisir où construire ces logements pour équilibrer l’offre ».
Des emprises foncières plus rares
L’objectif ZAN (zéro artificialisation nette) en 2050, était au cœur des échanges. Pour atteindre l’objectif, il oblige à réduire l’utilisation d’espaces naturels de 50%, ce qui devient difficilement compatible avec une augmentation du logement. « On a peu consommé de terres agricoles et on doit réduire de moitié, c’’est la double peine ! », remarque un élu, un peu amer. Le plan de relance du Gouvernement projette la construction de 2 millions de logements d’ici 2030, mais les emprises foncières se font rares. « Nous le ferons avec les élus », assure Vincent Jeanbrun.
Viser la reconversion des friches
Pour le ministre de la ruralité, Michel Fournier, la solution se porte sur la rénovation du bâti ancien, mais aussi sur le traitement des friches industrielles qui sont très nombreuses dans les Vosges, du fait de l’histoire industrielle du Département. Les élus y ajoutent les friches commerciales, qui se multiplient avec le changement de comportement des consommateurs.
Un choc de fiscalité immobilière
« Que les élus pilotent ! Qu’ils aient les outils pour développer un choc d’offres diversifiées. Les nouveaux dispositifs sont sans zonage », annonce le ministre du logement qui dégaine en complément, « un choc de fiscalité immobilière » qui porte son nom Jeanbrun. Il s’agit d’inciter les investisseurs à construire grâce aux avantages qu’ils en tirent, pour mettre les logements en location à des prix abordables. « Du gagnant, gagnant ! ».
Le logement, une force de frappe en rural
Vincent Jeanbrun y saupoudre un choc de simplification avec des zones d’accélération pour raccourcir les délais « comme aux JO ou pour Notre-Dame », pour repenser complètement le bâti. Mais Michel Fournier n’oublie pas la ruralité chère à son cœur : « Beaucoup de centres de village sont en très mauvais état, on a besoin de redéployer les logements. On a besoin de nouvelles populations, et ce sont elles qui nous poussent à faire autrement, à être inventifs, moins conservateurs. Pourquoi pas une ANRU-R (rural) ? Il faut remettre de l’équité et le logement est une force de frappe en rural ».

