L’épidémie de la Covid dans le Grand Est : une dynamique épidémique marquée par un plateau a un niveau élevé

Après six semaines de confinement et plusieurs semaines de décrue, le taux d’incidence dans la région Grand Est ne diminue plus. Au contraire, on observe une tendance à la ré-augmentation sur la période la plus récente, avec un taux désormais supérieur au taux d’incidence national (108 / 100 habitants).

La circulation virale reste importante dans plusieurs départements ruraux ou semi-ruraux (Haute-Marne, Meuse, Ardennes, Vosges) de la région où une moindre densité humaine peut contribuer à créer un sentiment de protection de la part des populations locales, avec à la clef un possible relâchement des gestes barrières et des mesures de distanciation sociale. L’augmentation de la circulation virale est également observée dans certains territoires frontaliers de la Belgique et du Luxembourg. Cela démontre que le virus est présent sur tous les territoires et dans toutes les classes d’âge et que la vigilance doit rester de mise en tout lieu et en toute circonstance.

Un impact sur le système de soins

Cet arrêt de la décrue du nombre des nouvelles infections a un impact immédiat sur le système de soins qui restait déjà soumis à une forte pression, avec notamment la prise en charge des retards de soins et des soins déprogrammés. A ces tensions s’ajouteront par ailleurs prochainement celles liées aux pathologies hivernales  ou aux traumatologies liées aux vacances de fin d’année au terme d’une année où les personnels de santé ont été particulièrement éprouvés. A ce stade, hormis le nombre des nouvelles admissions en réanimation qui continue à diminuer, l’activité Covid-19 des 5 associations SOS Médecins de la région (Figure 1), des services d’urgences (Figure 2) et des services d’hospitalisation des établissements de santé de la région (Figure 3) stagne, voire ré-augmente légèrement.

Rappel au respect des gestes barrières

Dans ce contexte marqué par une nouvelle augmentation des contaminations et par une forte sollicitation du système de soins, l’ARS rappelle que la vigilance et le strict respect des mesures barrières et de distanciation sociale demeurent indispensables. Il est important de s’isoler et de se faire tester en cas de symptômes ou si on a été identifié comme personne contact d’un cas de Covid-19. Il convient également de rappeler qu’un test négatif ne constitue pas un « totem d’immunité » comme l’a rappelé le Ministre des solidarités et de la santé. Avoir un test négatif un jour donné ne signifie pas qu’on ne sera pas contaminé dans les jours suivants.

Chiffres-clés et éléments graphiques

 Le taux d’incidence dans la région Grand Est (152 nouveaux cas / 100 000 habitants sur la période de 7 jours du 1
er au 07 décembre) ne diminue plus (Figure 4), s’affichant désormais nettement supérieur au taux d’incidence national (108 nouveaux cas / 100 000 habitants). Au niveau départemental, le taux d’incidence varie entre 72 / 100 000 habitants dans la Marne et 250 / 100 000 dans les Ardennes.

 La même tendance est observée au niveau du taux de positivité (7,5% sur la période de 7 jours du 1er au 07 décembre) qui est désormais supérieur au taux de positivité national (6,4%) et présente la même tendance à l’augmentation sur la période la plus récente. Au niveau départemental, le taux varie entre 4,6% dans la Marne et 10,4% dans les Ardennes.