Enlèvement de Mia – Il se pourrait que la mère ait fui à l’étranger avec sa fille

Ce vendredi matin, le procureur de la République d’Epinal, Nicolas Heitz, faisait un point sur l’avancement de l’enquête pour l’enlèvement de Mia. Quatre hommes ont été interpellés en région parisienne, mais il n’y a toujours pas de trace de la fillette et de la mère. Elles sont toujours activement recherchées en France comme à l’étranger.

Mia Montemaggi, 8 ans, a été enlevée mercredi 13 avril 2021 en matinée par deux hommes qui se sont faits passer pour des éducateurs du service de protection judiciaire (STEMO). Mia était placée provisoirement chez sa grand–mère par une décision du juge des enfants depuis le 11 janvier 2021.

Un enlèvement sans violence

Sa maman, Lola Montemaggi, ne pouvait la voir qu’avec la présence d’un tiers. La fillette était suivie par des éducateurs en milieu ouvert, c’est pour ça que les deux hommes ont pu tromper la grand-mère et enlever Mia sans violence. Le troisième homme était au volant d’une camionnette Volkswagen gris anthracite.

Trois véhicules impliqués qui permettent de remonter jusqu’aux ravisseurs

L’alerte enlèvement a permis d’obtenir des témoignages du voisinage et d’identifier plusieurs véhicules présents sur le site. Un premier fait état d’un véhicule Transporter Volkswagen à 10 heures 24 près d’une C3 et d’une Mercédès, immatriculée en Belgique, avec des individus qui passaient de l’un à l’autre. Enfin, le C15 a été de nouveau aperçu vers 12 heures 00-12 heures 15.

Les suspects identifiés

Les investigations ont permis d’identifier trois hommes, dont certains étaient suivis par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Le parquet national antiterroriste avait ouvert une enquête préliminaire sur l’un des suspects de l’enlèvement et s’est mis en contact avec celui d’Épinal.

4 interpellations

Deux interpellations ont eu lieu le mercredi 14 avril 2021 à 21 heures dans le 19e arrondissement. Il s’agit d’un homme de 58 ans demeurant boulevard Jean-Jaurès à Paris et d’un deuxième individu de 23 ans, arrêté à Varennes (Seine-et-Marne). Un troisième individu de 60 ans a été arrêté jeudi matin aux Lilas (Seine-Saint-Denis). Enfin un quatrième individu a été interpellé ce même jeudi, en Meurthe-et-Moselle.

Un script, pour convaincre la grand-mère, trouvé dans la perquisition

La perquisition a permis de découvrir au domicile d’un des suspects, âgé de 23 ans, un script du discours à tenir à la grand-mère lors de l’enlèvement. Dans un box près de l’habitation d’un des interpellés en Seine-Saint-Denis, les enquêteurs ont trouvé des éléments susceptibles d’entrer dans la composition d’explosifs, qui ont intéressé le parquet national anti-terroriste (PNAT). « Le PNAT s’est saisi de cet aspect là du dossier » précise Nicolas Heitz.

La mère a contacté les ravisseurs par Internet

Les trois hommes placés en garde à vue ont assuré que la mère était à l’origine du projet d’enlèvement. Elle les aurait contactés sur Internet, parce qu’elle s’estimait injustement séparée de sa fille, indiquant qu’elle souhaitait récupérer sa fille et partir à l’étranger. Il se pourrait donc que la mère et la fillette aient fui à l’étranger. « Des demandes de collaboration avec des parquets étrangers ont été lancées. Le département des Vosges se trouvant non loin de plusieurs pays. Un signalement international a également été effectué en urgence absolue », précise le procureur.

Les ravisseurs voulaient sauver l’enfant à la Arsène Lupin

Le quatrième homme refuse de parler, mais les trois autres ont revendiqué leur acte en indiquant qu’ils avaient voulu « sauver l’enfant », parlant même « d’extraction » et « d’exfiltration ». « L’un d’eux a indiqué être fier de l’enlèvement en disant avoir agi comme Arsène Lupin ». Ils se définissent comme résistants à la barbarie du système et souhaitaient lutter contre un placement fait de manière abusive. Le second avoue avoir peut-être été manipulé. Les quatre personnes gardées à vue ne présentent pas d’antécédents.

La JIRS saisie

« L’opération a été préparée conjointement, de façon minutieuse et précise », indique encore le procureur de la République. Ce qui l’amène à requalifier les chefs d’accusation « d’enlèvement et soustraction de mineurs en bande organisée ». Le procureur de la République va ouvrir une information judiciaire et confier l’enquête à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), de Nancy. Le procureur de la République de Nancy, François Pérain va ouvrir une information judiciaire visant les quatre suspects, qui seront présentés au parquet de Nancy prochainement.

Brigitte BOULAY.

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