Jean Hingray alerte sur la flambée des prix des matières premières pour les entreprises du BTP

Les débats ont repris cette semaine au Sénat. Le sénateur des Vosges Jean Hingray a posé deux questions écrites au gouvernement.

L’une est hélas d’une actualité brûlante. La hausse des prix des matières premières affecte nos entreprises et artisans locaux du bâtiment, des travaux publics et de la métallurgie. Des mesures gouvernementales méritent d’être prises : des pertes d’emploi sont à craindre tant la situation est tendue.

Moteurs et garants de nos économies locales, les filières du bâtiment-TP et métallurgie sont confrontées à une si violente hausse des prix des matières premières que leurs entreprises risquent ou de ne plus pouvoir faire face aux engagements pris ou de ne plus être en mesure de rentrer dans des fourchettes de prix acceptables par le marché. En l’absence de mesures de soutien, les conséquences seront catastrophiques pour l’emploi, pour la trésorerie des entreprises dont on peut redouter qu’elles ne mettent la clef sous la porte.

Flambée des prix des matières premières pour les entreprises du bâtiment, travaux publics et métallurgie

Question écrite n° 22734 de M. Jean Hingray (Vosges – UC) publiée dans le JO Sénat du 06/05/2021 – page 2891.

Jean Hingray attire l’attention de M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance sur l’envolée des prix et la pénurie des matières premières pour les entreprises du bâtiment, des travaux publics et de la métallurgie.

Cette tension n’épargne aucune matière première : l’acier, l’aluminium, le cuivre, le zinc, le minerai de fer, mais aussi le verre, le bois, le PVC, le polystyrène, le plâtre, les peintures, la quincaillerie ou encore les puces électroniques. Le phénomène est mondial en raison notamment de la reprise économique en Chine et aux États-Unis. La pénurie entraîne une hausse des prix des produits (parfois de 25 à 30 %), des transports et une rupture des délais d’approvisionnement au préjudice direct de nos entreprises et artisans qui ne peuvent respecter les délais de réalisation des travaux. En outre, les entreprises se sont engagées sur des bases de prix obsolètes, qu’elles n’ont pu anticiper compte tenu de l’antériorité de la signature des contrats. Les marchés sont souvent passés à prix ferme sans clause de révision de prix. Cette situation empêche les entreprises de répercuter ces hausses et les expose au risque des pénalités de retard. Faute de visibilité sur les délais de livraison et compte tenu de l’instabilité des prix, les entreprises vont avoir des difficultés à chiffrer les opérations dans les mois à venir.

À cette situation qui va donc s’inscrire dans la durée, s’ajoutent des difficultés de recrutement de personnel qui constituent un frein supplémentaire à la reprise d’activité de ces secteurs, maillons pourtant essentiels de notre économie. Des solutions conjoncturelles et exceptionnelles pourraient être examinées afin d’éviter un risque de blocage d’activité. Il lui demande s’il ne faudrait pas envisager un assouplissement des règles strictes de la commande publique, de la révision des prix et réactiver les ordonnances qui avaient, en 2020, gelé transitoirement les pénalités de retard des marchés publics et privés. Nos entreprises ne sont en rien responsables de la crise sanitaire et de ses dommages collatéraux sur les marchés dont elles pâtissent de façon directe et brutale. Des solutions structurelles visant à renforcer notre stratégie économique et notre indépendance industrielle sur un certain nombre de matériaux en France et en Europe sont autant de défis à relever.

Il lui demande donc quelles mesures d’accompagnement le Gouvernement entend mettre en œuvre en réponse aux légitimes inquiétudes des chefs d’entreprise et de l’ensemble des salariés des secteurs d’activité concernés.

En attente de réponse du Ministère de l’économie, des finances et de la relance.