Saulxures-sur-Moselotte – Usine de la Médelle : Jérôme Mathieu étonné par la décision de la cour d’appel

Alors que le 6 janvier 2022, la cour d’appel de Nancy a suspendu en référé la liquidation judiciaire de la SAS Inrest Fiber, prononcée le 24 septembre 2021 par le tribunal de commerce d’Epinal, Jérôme Mathieu réagit. Le premier vice-président de la communauté de communes des Hautes-Vosges se dit d’abord « surpris d’apprendre par la presse tous les nouveaux développements du dossier. La communauté de communes n’est, certes, que propriétaire des bâtiments mais je trouve frustrant et désobligeant que nous ne soyons jamais informés par les autorités compétentes de l’évolution de l’affaire ».

Jérôme Mathieu à la rencontre des salariés le 24 juin 2021. Photographie d’archives.

L’élu est tombé de haut devant la décision de la cour d’appel de Nancy. Il ne comprend pas que l’ensemble du contexte local n’a pas été pris en considération.

« Inrest Fiber n’a pas payé un seul loyer à la com’com »

Par jugement du 24 mars 2020, la société Carora, spécialisée dans la valorisation des déchets a été cédée à Khaled Alqadmi pour le compte d’une SAS (société par actions), Inrest Fiber, dont il est le seul actionnaire. Jérôme Mathieu est forcé de constater que le nouveau patron n’a jamais réglé son loyer à la communauté de communes.

« Le gérant avait pourtant connaissance du bail, qui a été repris dans le cadre de la procédure de cession de Carora Fibres à Inrest Fiber. Mais depuis qu’il est devenu locataire de l’usine de la Médelle le 1er avril 2020,  il n’a pas payé un seul loyer. Nous lui avons écrit régulièrement par différents courriers recommandés mais il ne nous a jamais répondu » déplore d’abord Jérôme Mathieu.

« Des doutes sur l’équilibre financier »

« On émet de sérieux doutes sur l’équilibre financier du projet. Alors que tout le monde nous dit que le recyclage de fibres est une filière porteuse d’avenir, Inrest Fiber n’a jamais réussi à faire face à ses charges. Que ce soit les salaires, versés avec retard, les loyers qui n’ont donc jamais été payés et la gestion des déchets puisque même la cour d’appel relève qu’il y a sur place 1.500 tonnes de déchets qui risquent de provoquer une pollution ».

C’est pourquoi Jérôme Mathieu s’étonne « qu’il n’est pas du tout tenu compte du contexte local, de ce qu’il s’est réellement passé. Aujourd’hui, un patron, qui n’est pas venu sur le site pendant deux années, vient donner des leçons à tout le monde ».

« Pas optimiste sur l’avenir »

Depuis le 24 septembre 2021, les 28 salariés ont été licenciés suite à la liquidation judiciaire. « J’espère que les salariés, qui ont été licenciés, seront réintégrés si Inrest Fiber peut repartir. Mais nous ne sommes quand même pas trop optimistes sur l’avenir de cette entreprise » admet Jérôme Mathieu. L’élu est d’autant plus embarrassé « qu’en tant que propriétaire des murs, nous ne pouvons pas étudier de proposition de reprise du site par d’éventuels investisseurs locaux. Il faut quand même se rappeler que la production est à l’arrêt depuis le mois de mai 2020 ».

La suite dans plusieurs mois lorsque la chambre commerciale de la cour d’appel de Nancy statuera cette fois au fond sur le recours engagé par Khaled Alqadmi contre la liquidation judiciaire de sa société, prononcée par le tribunal de commerce d’Epinal.

Sans compter la procédure parallèle qui va s’ouvrir suite au vol des câbles électriques commis dans l’usine de la Médelle durant les semaines qui ont suivi la liquidation judiciaire. Une plainte a été déposée par l’avocat d’Inrest Fiber auprès de la gendarmerie de Saulxures-sur-Moselotte.

D.J.