Manuel De Sousa, l’un des employés, réagit aux propos de Myriam Bégin, déléguée du personnel d’Inrest Fiber, que nous avons relayé ici à propos de la situation actuelle de l’entreprise Inrest Fiber, à l’usine de la Médelle.
Madame Bégin parle au nom de quatre personnes : elle-même et trois secrétaires, je tiens à le souligner que ce n’était pas leur faute, mais du coup la trésorerie de l’entreprise a encore pris une claque ! Comme si l’entreprise était pleine aux as à ce moment là et même après, on travaillait à 40 % de notre production. Et il faut rajouter la masse salariale alors que notre directeur financier se battait constamment depuis le début de l’activité au premier avril 2020 pour que l’on puisse avoir nos salaires. Encore une mauvaise stratégie de la part du patron. Voilà au nom de qui parle Madame Bégin, tout ça parce qu’elle aurait été écartée d’un futur projet. Moi, j’ai parlé au nom de 90 % du personnel qui se battait tous les jours pour faire tourner l’entreprise quand il y avait de la matière première bien sûr et avec des salaires qui se faisaient toujours attendre. Je ne connais pas beaucoup de personne qui l’auraient fait pendant les 18 mois, avec des salaires versés le 20, 25 de chaque mois, voire plus, comme moi et d’autres.
Madame Bégin, en fait, parle au nom du patron. Elle aurait été manipulée d’après certaines sources, je ne dirai pas le nom ni comment ! Elle ne s’exprime pas au nom des ouvriers. Il faut savoir que l’activité a été bloquée pendant 5 mois à cause de la sécurité, par manque de moyens et d’argent alors que Madame Bégin sait très bien que l’on était en période d’observation. Du coup, durant ces 5 mois, nous n’avons pu montrer le potentiel de l’activité. Pas d’argent, pas de moyens, tout a une explication, Madame Bégin devrait connaître la procédure comme délégué syndical.
Je tiens à dire que c’est Madame Bégin qui a fait intervenir l’inspecteur du travail concernant le ras-bol sur les conditions de travail liées à la sécurité et avec des photos à l’appui, ainsi que pour les salaires non payés. Que notre ancien patron le sache ! Alors, oui, j’aimerais savoir où est passé l’argent qu’elle dit avoir vu, je tiens à dire qu’une expertise comptable avait été faite par un cabinet extérieur, le tribunal de commerce d’Epinal a pris connaissance de cette expertise. Donc, je pense que le cabinet les aurais vu passer ces 1.200.000 euros. Leur seul argument, c’est de jouer aussi sur le fait qu’il y aurait un projet.
Mais le projet était en pourparlers. C’est normal, dès lors qu’il y a une liquidation, que des personnes puissent se positionner. D’après mes sources, il y a avait même un autre projet avec quelqu’un d’autre mais des dégradations ont été commises et le dossier traine tout le temps. A voir pourquoi, parce l’on complique les choses, tout simplement. Une décision a été prise par le tribunal de commerce d’Epinal sur des faits et des actes. Des personnes assermentées ont travaillé sur le cas de l’entreprise et tout est ensuite remis en cause. Par la même occasion, l’entreprise se fait cambrioler, que de gâchis tout cela…
Voici quelques chiffres sur les sommes injectées : 280.000 euros en numéraire, 120.000 euros en matière première, 60.000 euros en pièces de rechange sur les 18 mois et au compte goute. Et 20.000 euros à la fin que le patron a mis pour payer une partie des salaires ainsi que l’assurance du bâtiment qui n’était plus payée.
Soit un total de 480.000 euros de fonds propres sur une activité sur 18 mois, voici la réalité Madame Bégin. Le patron avait injecté 280.000 euros du temps de Carora Fibres avant même d’avoir racheté l’entreprise mais ils peuvent pas être comptabilisés dans l’exercice d’Inrest Fiber. Les comptes sont repartis à zéro au 1er avril 2020 lors du rachat. Le patron a ensuite investi 160.000 euros pour le rachat de l’entreprise. Sachant qu’il faut 100.000 euros par mois pour les salaires et les charges divers d’après le bilan que l’on ma communiqué.
Donc, tout cela n’est que du bla-bla, encore et encore comme d’habitude. Franchement, le personnel en marre de toutes ces conneries. Comme je l’ai dit précédemment, je passe à autre chose mais je ne peux laisser dire n’importe quoi ! Moi, je n’ai rien à me reprocher, nous avons toujours fait notre travail et même plus, je ne comptais pas mes heures pour que l’entreprise tourne ainsi que tous mes collègues de travail. Chapeau à tous, même sans moyens, nous avons pu faire nos salaires, on a tous notre conscience tranquille. Le travail était fait avec les moyens mis à notre disposition. Le patron ne s’est pas donné les moyens de le faire, c’est pas notre faute, voilà ce qu’il faut retenir de toute cette saga.
