Remiremont – Il y a 340 ans le 12 mai 1682, sévissait le terrible tremblement de terre…

Parmi une curiosité bien figée dans le paysage romarimontain, le trou du tremblement, situé au droit de la rue Maldoyenne, rappelle que Remiremont a vécu, il y a tout juste 340 ans, un terrible séisme survenu à 2 h du matin dans la nuit du 12 mai 1682. Estimé à une magnitude de 8, il avait occasionné de nombreux dégâts aux habitations et provoqué d’étranges phénomènes. Pris de panique, les habitants partirent en nombre se réfugier dans la campagne voisine.

Une page d’histoire venant rappeler d’autres faits, beaucoup moins tragiques certes, mais plus proches de nous, avec notamment les épisodes de 1984 et 2003. Mais le tremblement de terre de 1682 demeure indissociable du passé de la ville. Un séisme survenu dans la nuit du 12 mai, il y a donc 340 ans. Il fut ressenti jusque Paris, situé à 420 km et même au-delà. Frappant de plein fouet la cité des chanoinesses où se concentrait l’épicentre de ce tremblement de terre, celui-ci fut particulièrement destructeur, endommageant de très nombreuses maisons et autres bâtiments, à tel point qu’un grand vent de panique s’empara de la population qui s’éloigna de la ville.

Des flammes sortant de terre, de l’eau devenant savonneuse…

Ce séisme fut d’ailleurs suivi d’une multitude de répliques, celles-ci survenant toujours la nuit et jamais en cours de journée. Des répliques assourdissantes, à peu près semblables au tonnerre. Ces tremblements furent perçus avec la même force dans les fonds de vallées. A Remiremont, des flammes sortaient de terre sans qu’il y paraisse le moindre trou. Mais à propos de trou, c’était un géant qui s’était formé dans la nuit du 12 mai au droit de la rue Maldoyenne. Une ouverture béante en forme de fente. A tel point que personne ne voulait s’y aventurer à la suite pour en mesurer la profondeur.

Le lieu, ainsi nommé « le trou du tremblement » demeure parfaitement visible de nos jours, même si la nature y a repris ses droits. Lors de ce grand séisme, il fut constaté que l’eau d’une fontaine proche de la ville en avait été troublée, se transformant ainsi en eau savonneuse. Autre phénomène à Plombières-les-Bains où les sources d’eau chaude rejetaient beaucoup plus de vapeur qu’à l’ordinaire.

Un risque concentré sur le fossé rhénan entre Vosges et Forêt Noire

Beaucoup moins dramatique et c’est heureux, nous sommes nombreux parmi les générations actuelles à avoir en mémoire les secousses survenues les 29 décembre 1984 et 22 février 2003. Pour les premières, c’était un samedi à l’heure de midi. Des secousses alors ressenties à Vesoul ou encore Belfort. La grande secousse du 29 décembre fut enregistrée par les sismologues à une intensité de 4,8 sur l’échelle de Richter. Plusieurs répliques, de magnitude moindre, ont été ressenties les deux jours suivants.

Ces tremblements de fin 1984 furent néanmoins pris très au sérieux avec la venue à Remiremont du célèbre vulcanologue Haroun Tazief, alors Secrétaire d’État en charge des catastrophes naturelles.

Et c’est aussi dans la soirée du 22 février 2003 qu’un séisme d’une magnitude de 5,4 fut ressenti dans le pays romarimontain tout comme à Epinal. Cette fois, l’épicentre se situait à Rambervillers, la secousse étant perçue jusqu’à Lille et avait même atteint l’Allemagne et la Suisse. Ces événements doivent nous rappeler que le risque se concentre sur les bordures du fossé d’effondrement rhénan, entre les Vosges et la Forêt Noire. Concernant plus précisément Remiremont, l’on évoque aussi la présence d’une faille qui partirait de Provenchères-Sur-Fave pour rejoindre Plombières-Les-Bains.

Il est indéniable que de petits tremblements de terre se produisent de temps à autre. Ce fut encore le cas entre octobre et décembre 2021, ainsi que nous avons eu l’occasion de le relater. De faible amplitude, ils n’ont été que très peu perceptibles, sachant qu’un tremblement ne peut être ressenti qu’au delà d’une magnitude située entre 1,8 et 2,2. Ou alors il faudrait être en situation de silence complet (la nuit par exemple).

Une chose est sûre, ça bouge sous nos pieds et ça continuera de bouger !

D.P.

* L’échelle de Richter est une unité de mesure de la force d’un séisme. Elle a été établie en 1935 par le géologue américain Charles Francis Richter. Il s’agit d’une échelle logarithmique : un séisme atteignant 5 sur l’échelle de Richter est en fait 10 fois plus puissant qu’un séisme de magnitude 4.

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