Vosges Terre Textile organisait une journée immersion pour faire parler de ses métiers et des enjeux d’avenir. Priorité n°1, dépoussiérer l’image du textile pour attirer la relève. 2e, gérer les coûts de l’énergie, 3e, trouver des solutions pour consommer moins d’eau, 4e mutualiser pour donner du sens et du poids à la démarche.
« Les transitions sont en marche et le textile a fait preuve d’une résilience extraordinaire, constate Paul de Montclos, président sortant du Syndicat Vosges Terre Textile. Tout est compliqué ! Dans les Vosges, on a la chance d’avoir la filière complète de la filature à la distribution et de l’eau. 10 à 15 % des postes ne sont pas pourvus, mais on a une nouvelle génération de dirigeants qui va donner du Peps à la filière ».
Engagées dans la recherche et le développement.
Les entreprises sont engagées dans la recherche et le développement pour utiliser des matériaux biosourcés, pour remplacer une partie du coton par le chanvre et le lin (des fibres plus locales et moins consommatrices d’eau), pour trouver des process de traitement d’eau en circuits fermés ou encore plus performants, mais pour l’instant, si on peut diminuer la consommation d’eau, il faut des investissements très importants et ce sont des process très énergivores.
On s’oriente vers des fils mélangés.
La nouvelle « cocotte-minute » du CETELOR inaugurée à l’Enstib cette semaine pour extraire les fibres naturelles pourrait être une des pistes, puisqu’elle accélère le temps de récupération des fibres et les affine. « Mais il faudrait une machine industrielle autrement plus importante et près des champs de production car le chanvre voyage mal. Il faudrait resserrer le circuit, commente Paul de Montclos. On s’oriente vers des fils mélangés pour les textiles de demain, mais on est sur des cycles de 15 ans ».
Mettre le paquet sur le recrutement.
Si les dirigeants ont rajeuni, une partie des collaborateurs va sortir dans les 5 à 10 ans. La filière veut mettre le paquet sur le recrutement et la formation. « Avec la digitalisation, le travail est modernisé. Les entreprises sont bien équipées. On n’est pas une start-up, on ne proposera pas des salaires exceptionnels, mais on veut s’adresser aux jeunes qui cherchent une intégration locale. Il y a de quoi faire carrière. On a le goût du travail bien fait, de vrais savoir-faire et il y a de vrais enjeux », poursuit l’ex-président.
Rendre l’image de la filière sexy.
Un cabinet a été embauché pour changer cette image et rendre les métiers attractifs. Plusieurs actions de type flashmob ou des vidéos courtes décalées avaient fait parler du textile, mais l’élan est vite retombé. Il n’y a plus non plus beaucoup de formations textiles et celle qui devait être relancée pour la rentrée n’a pas trouvé les fonds nécessaires. Il faudra donc former en interne. Pourtant, il y a de beaux savoir-faire à transmettre.
Transitions en route.
Autre difficulté, le Zéro Artificialisation Nette, les entreprises ne peuvent plus s’agrandir, comment faut-il se projeter ? « On a traité tout le monde à la même échelle, mais les réalités sont différentes », regrette Paul De Montclos.
Quant à la pollution, « On est une des filières les plus propres au monde, affirme celui qui a été le porte-parole de la filière pendant 12ans, entre les normes environnementales nationales, les contraintes drastiques du Bassin du Parc des ballons des Vosges et les normes européennes ». La filière va aussi s’équiper de panneaux photovoltaïques. Chez Garnier-Thiebaut, le solaire devrait couvrir 12 % de ses besoins.
Consommer mieux et local.
Eddy Chevrier qui reprend le flambeau en coprésidence avec Séverine Crouvezier veut mettre l’accent sur l’image : « Se faire connaitre pour faire comprendre aux consommateurs qu’on peut consommer mieux et local. La filière offre une vraie garantie de qualité, une traçabilité performante. A-t-on besoin de 16 pantalons ou de 2 qui durent ? interroge-t-il. Nos emplettes sont nos emplois ! aime-t-il à rappeler. Paul de Montclos a fait un boulot de dingue, il faut aller encore plus loin et offrir une vitrine qui explique vraiment les choses« .
Brigitte Boulay.



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