Ce matin, les agriculteurs étaient à la laiterie Bongrain-Gérard (Groupe Savencia)au Tholy.
Une action symbolique pour faire comprendre que sans rémunération, il n’y aura plus de producteurs et sans les producteurs de lait, il n’y aura plus de laiterie ! « Nos enfants ne feront
pas ce qu’on a pu faire ».
Philippe Clément, président de la FDSEA, ne mâche pas ses mots : « C’est un enjeu économique pour la France. On veut une rémunération et quand vous nous proposez 430€/tonne et que le coût de production est de 445€/T, il manque 15€/T et on ne parle pas de marge alors que nos charges ont pris jusque 10 à 15%. Ça n’est pas possible, personne ne travaille à perte ».
Des superpositions de normes et des incohérences.
Il pointe également la superposition des normes, les incohérences de la PAC 2023-2027. « Nous ne sommes pas opposés à une agriculture verte, plaide-t-il. Qu’on nous fasse confiance et que tout le monde ait les mêmes normes ou du moins qu’on se différencie ». Aujourd’hui, les producteurs laitiers qui arrêtent ne sont pas remplacés.
Reçus par le Premier Ministre.
« Que les actes soient en cohérence avec les discours, insiste le porte-parole, pour les dirigeants mais aussi pour les consommateurs. On a travaillé, vous mangez mieux mais ça a un prix ! ». Les agriculteurs ont listé 120 revendications. Ils auront une rencontre de 3 heures avec le Premier Ministre. « On ne peut pas dire que l’agriculture est au-dessus de tout, ce n’est pas vrai, maïs elle doit avoir sa place au cœur du système ».
Reporting vers l’Europe.
Le Président de la République portera auprès de l’Europe les revendications des agriculteurs. Ils attendent des réponses à la hauteur des attentes car le malaise est réel. Il concerne la souveraineté alimentaire. « On nous promet une détaxe plus rapide sur le carburant en déduisant une exonération de 15€/100 litres, mais sur les États généraux de l’alimentation, ça n’a avancé qu’à moitié », poursuit Philippe Clément, qui fustige un monde où plus rien ne se décide sur le territoire.
« C’est la survie d’une filière, pas le CAC 40 ».
« Ce n’est pas pour pointer au CAC 40 qu’on manifeste, c’est juste pour vivre et sauvegarder nos volumes de production. C’est la sécurité alimentaire du territoire qui est en cause. Et il ne faut pas oublier que les habitants des territoires qui ne peuvent plus produire chez eux, viendront chez nous et qu’il faudra les nourrir. Les entreprises agroalimentaires ont un rôle à jouer dans l’interface avec les distributeurs, sinon ce sera une filière complète qui s’écroulera ». En attendant, les tracteurs bloquent le carrefour de la RN57 vers Épinal et les agriculteurs restent droit dans leurs bottes.
Brigitte Boulay.





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