Pérenniser le SEGUR pour maintenir une politique de formation ambitieuse.

Depuis 2019, la Région Grand Est s’est fortement engagée, aux côtés de l’État, pour augmenter le nombre de places de formation destinées aux infirmiers et aux aides-soignants. Ainsi depuis 2019, nous avons augmenté de 30 % les places en instituts de formation en soins infirmiers (IFSI), un choix politique fort et assumé. Nous avons choisi d’en faire une priorité politique tant les enjeux démographiques de nos territoires, conjugués aux nombreux départs en retraite des professionnels à venir doivent tous nous alerter.

Cet effort a été réalisé dans le cadre d’un protocole signé avec l’État, dont la pérennité des engagements financiers reste aujourd’hui incertaine malgré des engagements renouvelés en 2025. Le Premier ministre François Bayrou avait à ce titre, adressé une lettre à Carole Delga, Présidente de Régions de France, en date du 08 janvier 2025 afin de lui assurer l’inscription dans le Projet de loi de finances (PLF) 2025 des 215 millions d’euros prévus par le protocole État/Régions, nécessaires au financement de l’augmentation des capacités en formation sanitaire.

Pour la Région Grand Est, l’enjeu financier dépasse 24 millions d’euros, alors même que le budget régional consacré aux formations sanitaires et sociales pour 2026 s’élève à 135,8 millions d’euros. Dans ce contexte, la Région maintient actuellement son propre effort de financement, mais ne peut compenser l’éventuel désengagement de l’État si celui-ci était confirmé.

La Région inscrit néanmoins 175 places supplémentaires par rapport aux quotas avant SEGUR. Enfin, il est important de préciser que l’ensemble des Régions françaises ont été conduites à prendre des décisions similaires face au risque de non-financement de l’État. À cette incertitude s’ajoute par ailleurs la contribution demandée aux collectivités territoriales dans le cadre du désendettement de l’État.

Il convient de souligner que la situation n’est pas définitivement arrêtée et va dépendre du contenu du projet de loi de finances.

La Région Grand Est reste pleinement attachée à un quota de places de formation adapté aux besoins des territoires, et appelle les parlementaires à agir pour veiller à l’inscription de la compensation Ségur dans le PLF pour maintenir la qualité de soin dans nos régions pour les années à venir.