Crise agricole : aux Terres de Jim, Franck Leroy appelle l’Europe, l’État et les banques à passer aux actes

Présent aux Terres de Jim à Metz-Magny, aux côtés de Jérôme Mathieu, président de la Chambre régionale d’agriculture Grand Est, Franck Leroy a renouvelé directement auprès de Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation, son appel à un plan européen massif de soutien à l’agriculture et à la mise en place rapide d’une véritable année blanche.

Après un été marqué par la sécheresse, les épisodes de chaleur extrême et la chute des rendements dans de nombreuses filières, les trésoreries des exploitations sont désormais sous très forte tension. Pour Franck Leroy, les réponses habituelles ne suffiront pas : de nouveaux prêts, même bonifiés, risqueraient d’accroître encore l’endettement d’agriculteurs déjà fragilisés.

Le Président de la Région Grand Est défend donc un dispositif permettant aux exploitants les plus durement touchés de reporter une annuité de capital, sans pénalité ni frais supplémentaires. Cette année blanche doit être construite dans le cadre d’une action concertée entre l’Union européenne, l’État et la Région, chacun devant prendre sa part de l’effort.

« Nous devons donner de l’oxygène aux agriculteurs, pas leur proposer simplement de la dette supplémentaire. L’Europe, l’État et la Région doivent agir ensemble et rapidement. La Région Grand Est est prête à prendre toute sa part. », affirme Franck Leroy.

Après les premiers échanges engagés avec les établissements bancaires, ceux-ci doivent désormais assumer pleinement leur rôle et rendre possible ce report d’échéances dans des conditions réellement protectrices pour les exploitations. Les autorités de régulation doivent, parallèlement, tenir compte du caractère exceptionnel et collectif de cet accompagnement de trésorerie dans leur appréciation prudentielle, afin de ne pas décourager l’engagement des banques.

« Les banques doivent maintenant passer aux actes. On ne peut pas ajouter de la dette à la crise, ni laisser les règles prudentielles empêcher une réponse exceptionnelle à une situation exceptionnelle. »

Au-delà de cette mesure d’urgence, Franck Leroy a appelé Christophe Hansen à porter un plan européen de sauvegarde et d’avenir pour l’agriculture : soutien immédiat aux trésoreries, compensation des pertes les plus graves, investissements dans la gestion et le stockage de l’eau, les sols, les équipements et l’innovation, accompagnement de l’adaptation climatique et sanctuarisation d’une Politique agricole commune forte après 2028.

Les échanges ont notamment porté sur la sécurisation de la ressource en eau. Face à la multiplication des sécheresses, Franck Leroy a défendu la nécessité de mieux retenir et stocker l’eau lorsqu’elle est disponible, dans le cadre de projets responsables, concertés et adaptés aux réalités de chaque territoire.

« Nous devons sortir des postures. Stocker l’eau lorsqu’elle est disponible pour traverser les périodes de pénurie, c’est préparer l’avenir de notre agriculture et notre souveraineté alimentaire. »

La rencontre a également permis d’aborder le renouvellement des générations, l’installation des jeunes agriculteurs et la formation. Franck Leroy a insisté sur le rôle déterminant des campus agricoles pour préparer les futurs exploitants, transmettre les savoir-faire et former aux compétences nouvelles qu’exigent les transitions climatique, technologique et économique.

Le Président de la Région Grand Est a enfin défendu une réforme ambitieuse des règles européennes de la commande publique. Les collectivités, les lycées et les établissements publics doivent pouvoir mobiliser pleinement leurs achats alimentaires pour soutenir les productions de proximité, les filières locales et la transition écologique.

« L’argent public doit aussi servir notre souveraineté alimentaire. Nous devons permettre à la restauration collective de mieux acheter local, de soutenir nos producteurs et de réduire les distances parcourues par les aliments. Les règles européennes doivent évoluer pour rendre cela réellement possible. »

À l’issue de la rencontre, Franck Leroy a souligné la grande qualité d’écoute de Christophe Hansen, sa connaissance concrète des réalités agricoles et son attention aux propositions formulées par les acteurs du Grand Est.

« Cet échange direct, approfondi et constructif est précieux. Le commissaire européen connaît les difficultés de nos agriculteurs et mesure l’urgence d’agir. Il a été particulièrement attentif aux solutions que nous portons. Il faut désormais transformer cette écoute en décisions européennes fortes. ».

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