Dans les Vosges, l’U2P alerte sur les difficultés croissantes des petites entreprises

À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée, organisée vendredi 11 septembre dans les locaux du Medef à Épinal, l’U2P Vosges, représentée par son président, Me Olivier Cousin, a dressé un constat préoccupant de la situation économique des entreprises de proximité.

Artisans, commerçants, professionnels libéraux, entreprises du bâtiment, de l’alimentation, des services ou encore du paysage : l’organisation patronale estime que les petites entreprises sont aujourd’hui confrontées à une accumulation de difficultés, entre baisse d’activité, tensions sur les trésoreries, hausse des coûts et manque de visibilité politique.

Une activité en recul

Au printemps 2026, le volume d’activité des entreprises de proximité a reculé de 1,3 % sur un an, après une baisse de 0,4 % en début d’année. Le Grand Est connaît une évolution comparable.

Le secteur de la construction est particulièrement touché, avec une baisse d’activité de 2,5 % au niveau national et de 2,8 % dans le Grand Est. L’alimentation affiche également un recul de 2 % en France et de 1 % dans la région.

Sur les douze derniers mois, l’U2P estime la contraction globale de l’activité à environ 1 %, les plus petites structures étant davantage affectées.

Cette situation pèse directement sur les trésoreries. Selon les chiffres présentés par l’organisation, 22 % des professionnels constatent désormais une dégradation de leur situation financière, tandis que seulement 8 % font état d’une amélioration.

Les défaillances inquiètent

Pour l’U2P, cette fragilisation se traduit également par une progression des défaillances d’entreprises. Au niveau national, 70 000 défaillances ont été enregistrées sur un an à fin juin, tandis que 33 141 chefs d’entreprise auraient perdu leur emploi depuis le début de l’année.

Dans les Vosges, l’organisation fait état depuis le début de l’année de 195 ouvertures de procédures collectives, dont 169 liquidations judiciaires et 49 redressements judiciaires. En 2025, le département avait enregistré 224 liquidations judiciaires et 78 redressements judiciaires, contre respectivement 221 et 89 en 2024.

L’U2P pointe notamment les conséquences persistantes de la crise énergétique et de l’inflation, qui ont fortement réduit les marges des entreprises.

Énergie, rénovation et manque de visibilité

La hausse des prix du carburant, du gaz et de l’électricité constitue une préoccupation majeure. Pour les artisans du bâtiment et des travaux publics, les déplacements sont indispensables. Pour les boulangers, restaurateurs, professionnels de l’alimentation ou encore coiffeurs et pressings, l’énergie représente également une charge difficilement compressible.

L’organisation patronale dénonce par ailleurs le manque de stabilité des politiques publiques. Elle cite notamment MaPrimeRénov’, dont les changements successifs de règles compliqueraient la visibilité des entreprises et de leurs clients.

L’U2P estime que les entreprises ont besoin de stabilité pour investir, former et embaucher.

L’apprentissage et le cumul emploi-retraite au cœur des revendications

L’apprentissage constitue également un enjeu majeur pour les entreprises de proximité. L’U2P s’oppose aux baisses successives des aides et des niveaux de prise en charge, estimant que l’apprentissage demeure indispensable pour transmettre les savoir-faire et répondre aux difficultés de recrutement.

Autre sujet de préoccupation : le cumul emploi-retraite. L’organisation patronale se dit opposée à un durcissement des règles. Dans des secteurs confrontés à des difficultés de recrutement, elle estime qu’un retraité souhaitant continuer à travailler ou transmettre son expérience doit pouvoir le faire dans des conditions simples et lisibles.

L’U2P demande également le maintien du statut de conjoint collaborateur, dont la durée est désormais limitée à cinq ans pour les nouveaux bénéficiaires. Les personnes qui en bénéficiaient avant 2022 devront, au plus tard fin 2026, changer de statut.

Des contraintes qui s’accumulent

La situation liée à la sécheresse constitue une autre difficulté pour certains professionnels vosgiens. Le classement du département en niveau « crise » entraîne notamment des restrictions concernant l’utilisation de l’eau. Les entreprises de nettoyage de façades demandent ainsi des dérogations encadrées lorsqu’elles sont en mesure de maîtriser leur consommation.

Les professionnels du paysage sont également concernés par les restrictions liées aux risques d’incendie, qui peuvent empêcher certaines opérations de débroussaillage.

L’U2P appelle plus largement à une simplification administrative, estimant que l’accumulation des normes et obligations fragilise particulièrement les très petites entreprises.

La facturation électronique, nouvelle source d’inquiétude

La mise en œuvre de la facturation électronique fait partie des sujets soulevés par l’organisation. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Pour les PME, TPE et microentreprises, l’obligation d’émission et de e-reporting interviendra au 1er septembre 2027.

Pour l’U2P, cette réforme représente une charge supplémentaire pour des entreprises parfois peu familiarisées avec les outils numériques. L’organisation regrette notamment l’abandon du développement du portail public de facturation comme outil gratuit et demande un accompagnement renforcé des petites structures.

« Nous avons besoin de stabilité »

En conclusion, Olivier Cousin a résumé les attentes de l’U2P autour de trois priorités : retrouver de la stabilité et de la visibilité, remettre le travail et la création de richesse au centre des politiques publiques et donner davantage d’oxygène aux entreprises de proximité.

L’organisation patronale appelle également de ses vœux l’adoption d’un budget 2027, considérant que l’incertitude politique et budgétaire alimente l’inquiétude des chefs d’entreprise et pèse sur la consommation.

« Nous avons besoin de stabilité. Nous avons besoin de visibilité », résume l’U2P, qui souhaite que les petites entreprises puissent continuer à travailler, investir, embaucher et transmettre.

Pour l’organisation, il en va directement de la vitalité économique et sociale des territoires vosgiens.

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