Pneumatiques : un marché stable, mais le 4 saisons gagne du terrain

Le marché français du pneumatique reste à un niveau bas au premier semestre 2026. Si les volumes stagnent, les habitudes des automobilistes évoluent rapidement, notamment avec la progression des pneus 4 saisons.

Le marché français du pneumatique ne connaît pas encore le rebond espéré. Selon le bilan publié par le Syndicat du Pneu, les ventes de pneumatiques Tourisme-Camionnette-4×4 SUV (TC4) sont restées quasiment stables au premier semestre 2026, après le recul enregistré en 2025.

Les fabricants ont livré 14,6 millions de pneus TC4 en France, soit une baisse limitée de 0,2 %. Du côté des ventes aux automobilistes, près de 10 millions de pneus ont été commercialisés dans les réseaux de distribution étudiés, en recul de 0,9 %.

La hausse des prix observée ces dernières années continue de peser sur les comportements. De nombreux automobilistes ont reporté le remplacement de leurs pneus. Si ces reports ne semblent plus s’accumuler, ils n’ont pas pour autant été rattrapés.

Le pneu 4 saisons poursuit sa progression

La principale évolution du marché concerne sans doute le type de pneumatique choisi par les automobilistes.

Le pneu 4 saisons continue de gagner du terrain. Au premier semestre 2026, ses ventes ont progressé de 15,7 % et représentent désormais 46 % des volumes en Tourisme. À l’inverse, le pneu été représente 49 % des ventes, après une baisse de 12 %.

En trois ans, la tendance est particulièrement marquée : le 4 saisons a progressé de 50 %, tandis que le pneu été a reculé de 24 %.

Si cette évolution se poursuit au même rythme, le pneu 4 saisons pourrait devenir majoritaire sur le marché Tourisme dès 2026.

Cette évolution traduit une modification des habitudes des automobilistes, qui recherchent notamment une solution polyvalente permettant de limiter les changements saisonniers de pneumatiques.

Les automobilistes restent attentifs au prix

Autre enseignement du premier semestre : le marché se polarise entre les différentes gammes.

Les pneumatiques Premium représentent 47 % des volumes et progressent de 1,1 %. Les marques B reculent en revanche de 6,7 %, tandis que les marques Budget, qui représentent environ un quart des ventes, restent quasiment stables (-0,3 %).

Le Tradebrand fabriqué en Europe affiche pour sa part la progression la plus importante, avec une hausse de 7,5 %.

Le prix reste évidemment un élément déterminant dans le choix des automobilistes. En trois ans, l’écart de prix entre un pneumatique Premium et un modèle Budget est passé de 64 à 69 euros.

Le garage reste le premier lieu d’achat

L’étude GiPA 2026, réalisée auprès de 2 035 conducteurs, montre également que malgré la progression du commerce en ligne, le garage conserve une place centrale.

63 % des automobilistes interrogés achètent leurs pneus dans un garage, une proportion qui atteint même 77 % chez les conducteurs âgés de 65 ans et plus.

Le digital représente toutefois désormais un tiers des achats. Les sites des réseaux captent 19 % des achats, devant les sites spécialisés, à 17 %.

Pour les automobilistes, le prix reste la première attente : 66 % citent les bons tarifs et promotions. Viennent ensuite la possibilité d’obtenir rapidement un rendez-vous (55 %) et la compétence du professionnel (50 %).

Même chez les clients qui achètent leurs pneus sur internet, la compétence du monteur demeure un critère important : 89 % la jugent importante.

L’intelligence artificielle commence à influencer les achats

L’étude fait également apparaître un phénomène nouveau : l’utilisation de l’intelligence artificielle pour choisir ses pneumatiques.

8 % des automobilistes interrogés déclarent avoir utilisé un outil d’IA lors de leur dernier changement de pneus. Cette proportion monte à 20 % chez les 18-24 ans et à 21 % dans l’agglomération parisienne.

Parmi les utilisateurs, 96 % considèrent l’outil comme utile. Le Syndicat du Pneu estime que cette évolution pourrait progressivement faire de l’IA un nouveau prescripteur, notamment en orientant les consommateurs vers l’achat en ligne.

Loi Montagne : une notoriété importante, mais un équipement qui stagne

La Loi Montagne est largement connue des automobilistes : 84 % des conducteurs interrogés déclarent la connaître et 93 % d’entre eux l’approuvent.

Pourtant, l’équipement reste loin d’être généralisé. Seulement 49 % des personnes interrogées sont équipées ou prévoient de l’être.

Le principal frein reste le sentiment de ne pas être concerné, cité par 72 % des automobilistes concernés par la question.

Un second semestre sous surveillance

Le deuxième semestre 2026 pourrait apporter de nouvelles évolutions au marché. Il sera notamment marqué par l’application complète des droits antidumping définitifs sur certains pneumatiques chinois, adoptés au niveau européen en juillet.

Le Syndicat du Pneu estime que la progression déjà observée des marques Budget vers les pneumatiques Tradebrand fabriqués en Europe pourrait ainsi s’accentuer.

Après un premier semestre marqué par la stabilité des volumes, la profession reste donc attentive à l’évolution des prix, aux coûts de fabrication et aux nouvelles habitudes des automobilistes.

Une chose semble d’ores et déjà se confirmer : alors que le marché reste sous pression, le pneu 4 saisons s’impose progressivement comme une nouvelle référence auprès des conducteurs français.

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