Le tribunal correctionnel d’Épinal a condamné, vendredi 30 octobre 2026, un chauffagiste de 52 ans à deux ans de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende après la mort d’une femme de 84 ans et de son fils de 63 ans, intoxiqués au monoxyde de carbone dans leur maison de Bussang, en janvier dernier. Le professionnel avait installé un brûleur d’occasion sur leur chaudière deux jours avant le drame.
L’affaire avait profondément marqué la commune de Bussang. Le 9 janvier 2026, une femme de 84 ans et son fils de 63 ans avaient été retrouvés morts à leur domicile par une infirmière. Les autopsies avaient établi qu’ils étaient décédés d’une asphyxie au monoxyde de carbone.
L’enquête avait rapidement mis en cause une intervention réalisée quelques jours auparavant sur la chaudière du logement. Le chauffagiste, âgé de 52 ans, était venu réparer l’installation en panne. Face au froid hivernal, il avait finalement installé un brûleur d’occasion, alors que les pièces nécessaires à la réparation avaient été commandées.
Un brûleur incompatible avec la chaudière
Devant le tribunal correctionnel d’Épinal, le professionnel avait expliqué avoir voulu dépanner ses clients, privés de chauffage et d’eau chaude en pleine période hivernale.
Il avait notamment indiqué être repassé le lendemain de sa première intervention pour installer le brûleur d’occasion, « par acquis de conscience, car il faisait froid, il neigeait ».
Le chauffagiste estimait alors que l’installation pouvait fonctionner temporairement sans danger, expliquant qu’en cas de dysfonctionnement, le brûleur devait se mettre en sécurité.
Toutefois, selon l’expertise réalisée dans le cadre de l’enquête, le brûleur installé était incompatible avec la chaudière. Ce problème, associé à un défaut d’étanchéité du condenseur, aurait entraîné une fuite des gaz de combustion et une production rapide de monoxyde de carbone, à l’origine du décès des deux occupants.
Deux ans de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende
Lors de l’audience du 2 octobre, le parquet avait requis une peine de deux ans d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’une amende de 5 000 euros. Il avait également demandé une interdiction d’exercer sur le terrain pendant cinq ans.
Le représentant du ministère public, Quentin Laurent, avait toutefois reconnu ne pas avoir la certitude que le chauffagiste ait eu conscience du risque réel auquel il exposait les deux victimes.
Dans son jugement rendu vendredi 30 octobre, le tribunal a suivi les réquisitions concernant la peine de prison et l’amende. Il a condamné le professionnel à deux ans d’emprisonnement avec sursis et à 5 000 euros d’amende.
Les faits ont été requalifiés en homicides involontaires simples. Le tribunal n’a donc pas retenu la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité. En revanche, l’interdiction d’exercer pendant cinq ans, réclamée par le parquet, n’a pas été prononcée.
Un professionnel qui s’est dit désolé
Au cours de l’audience, le prévenu, décrit par ses employés comme quelqu’un de précis et de consciencieux dans son travail, avait exprimé ses regrets.
Il avait reconnu devant les magistrats que « ce genre de drame ne devrait jamais arriver ».
Une affaire tragique qui rappelle les dangers du monoxyde de carbone, un gaz toxique, invisible et inodore, susceptible de provoquer une intoxication mortelle lorsque les appareils de chauffage ou les systèmes d’évacuation des gaz de combustion présentent des défaillances.
