Lycées du Grand Est : la Région appelle à dépasser les classements pour privilégier les solutions concrètes

À la suite de la publication par le ministère de l’Éducation nationale du classement des 200 lycées prioritaires, établi à partir des contributions recueillies dans le cadre de la consultation Agora, la Région Grand Est souhaite apporter des précisions. Si elle reconnaît l’importance de la parole des lycéens et la nécessité de prendre leurs préoccupations au sérieux, elle appelle toutefois à la prudence dans l’interprétation de ce classement.

Pour la collectivité, le nombre de signalements ne suffit pas à mesurer la gravité des difficultés rencontrées dans un établissement. En l’absence de données sur le nombre de répondants et les effectifs de chaque lycée, ce classement ne peut constituer, à lui seul, un véritable diagnostic des besoins ni déterminer les priorités d’intervention.

16 lycées du Grand Est concernés

Dans la région, 16 établissements figurent parmi les 200 lycées identifiés au niveau national. La Région entend examiner les signalements recueillis, mais également ceux concernant les 216 autres lycées dont elle assure la gestion, en s’appuyant sur les diagnostics techniques et les besoins propres à chaque établissement.

La collectivité rappelle qu’elle mène déjà une politique d’investissement importante en faveur de son patrimoine scolaire. Les crédits consacrés aux lycées sont ainsi passés de 153 millions d’euros en 2016 à 248,6 millions d’euros en 2026, soit une progression de 62,5 %.

La Région demande davantage de moyens à l’État

Pour accélérer la rénovation et l’amélioration des établissements, la Région estime que l’État doit donner aux collectivités les moyens financiers et réglementaires nécessaires. Elle demande notamment le maintien du niveau du Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) dans le projet de loi de finances pour 2027, le renforcement du Fonds vert et la simplification des règles qui peuvent ralentir les chantiers.

La collectivité souhaite également faire évoluer les règles comptables afin que les travaux d’amélioration et d’entretien lourd du patrimoine scolaire puissent être considérés comme des dépenses d’investissement.

Autre piste avancée : mobiliser davantage l’épargne des Français au service des établissements scolaires. La Région appelle ainsi à relever le plafond de dépôt du Livret A afin de faciliter la mobilisation effective des 4 milliards d’euros annoncés par la Banque des Territoires et la Caisse des Dépôts pour accompagner les investissements.

« Transformer les attentes en améliorations concrètes »

Pour Franck Leroy, président de la Région Grand Est, l’enjeu est avant tout d’améliorer durablement les conditions d’accueil et d’étude des lycéens.

« La qualité d’un lycée se mesure aux conditions d’étude qu’il offre chaque jour aux jeunes. Notre responsabilité collective est de transformer leurs attentes en améliorations concrètes. Les Régions prennent leur part et continueront de le faire. À l’État de leur donner les moyens durables d’agir et de lever les obstacles qui freinent les travaux. C’est autour de cette ambition pour notre jeunesse que nous devons unir nos efforts », souligne-t-il.

La Région défend ainsi une approche fondée sur les diagnostics de terrain, les investissements à long terme et une meilleure coopération entre l’État et les collectivités. Elle estime que des réponses concrètes et des moyens adaptés seront plus efficaces que des classements établis à partir de données qu’elle juge insuffisantes.

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