Monoxyde de carbone : l’ARS Grand Est appelle à la vigilance à l’approche de l’hiver

Invisible, inodore et potentiellement mortel, le monoxyde de carbone représente un danger chaque année avec la remise en route des appareils de chauffage. En 2025, 150 épisodes d’intoxication ont été recensés dans le Grand Est, touchant 514 personnes. À l’approche de l’hiver, l’Agence régionale de santé (ARS) rappelle les gestes essentiels pour éviter les accidents.

Avec la baisse des températures et le retour de la saison de chauffe, les risques d’intoxication au monoxyde de carbone augmentent. Ce gaz, particulièrement dangereux parce qu’il est invisible, inodore et non irritant, peut provoquer des intoxications graves, voire mortelles.

En France, environ 4 000 personnes sont victimes chaque année d’une intoxication au monoxyde de carbone. Dans le Grand Est, le bilan 2025 fait état de 150 épisodes d’intoxication, ayant impliqué 514 personnes. Parmi elles, 187 ont été hospitalisées et deux sont décédées.

Si des intoxications peuvent survenir tout au long de l’année, la majorité des cas est enregistrée entre octobre et mars, lorsque les appareils de chauffage et de production d’eau chaude fonctionnent davantage.

Des installations défectueuses ou mal utilisées

Les intoxications surviennent principalement dans les logements, à la suite d’un dysfonctionnement ou d’une mauvaise utilisation des appareils de chauffage, de production d’eau chaude ou de combustion.

Un équipement vétuste, un défaut d’entretien, des conduits d’évacuation mal entretenus ou des grilles de ventilation obstruées peuvent favoriser l’accumulation de monoxyde de carbone. L’utilisation d’appareils inadaptés pour se chauffer, comme les braseros et les barbecues, constitue également un danger important.

Les risques ne concernent pas uniquement les habitations. Les établissements recevant du public, les lieux de culte et les locaux professionnels peuvent aussi être touchés.

Maux de tête, nausées, fatigue : reconnaître les symptômes

Les premiers signes d’une intoxication peuvent être difficiles à identifier. Les symptômes les plus fréquents sont les maux de tête, les nausées, la fatigue et la confusion mentale.

Ils peuvent apparaître plus ou moins rapidement selon la concentration de gaz dans l’air. Un élément doit particulièrement alerter : lorsque plusieurs personnes présentes dans un même lieu ressentent simultanément ces symptômes, une intoxication au monoxyde de carbone doit être suspectée.

Dans les situations les plus graves, l’exposition peut entraîner un coma, voire le décès.

Certaines personnes sont particulièrement vulnérables, notamment les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires, d’asthme, de troubles thyroïdiens ou d’anémie présentent également des risques accrus.

En cas de suspicion, il faut quitter les lieux sans attendre

Face à une suspicion d’intoxication, les réflexes doivent être immédiats. Il faut :

  • Aérer largement les locaux.
  • Arrêter, si possible et sans se mettre en danger, les appareils à combustion.
  • Quitter immédiatement les lieux.
  • Appeler les secours depuis l’extérieur en composant le 15, le 18 ou le 112. Le 114 est également accessible aux personnes malentendantes.
  • Ne pas réintégrer les locaux sans avoir obtenu l’avis d’un professionnel qualifié.

Des gestes simples pour prévenir les accidents

Pour limiter les risques, l’ARS Grand Est rappelle plusieurs précautions indispensables à adopter avant et pendant la période hivernale.

Les installations de chauffage, les appareils de production d’eau chaude et les conduits de fumée doivent être vérifiés et entretenus chaque année par un professionnel qualifié. Les grilles de ventilation ne doivent jamais être obstruées, même en période de grand froid.

Il est également recommandé d’aérer son logement quotidiennement pendant au moins dix minutes, même lorsque les températures sont basses.

Autre consigne importante : ne jamais utiliser un barbecue, un brasero ou une cuisinière pour chauffer une pièce. Les chauffages d’appoint à combustion ne doivent pas fonctionner de manière prolongée. Quant aux groupes électrogènes, ils doivent impérativement être installés à l’extérieur des bâtiments, jamais dans une cave, un garage ou une remise.

Une campagne de prévention tout au long de l’hiver

Pour sensibiliser le grand public et les collectivités territoriales, l’ARS Grand Est renouvelle sa campagne annuelle de prévention. Des supports de communication, notamment des affiches, des dépliants et des visuels destinés aux réseaux sociaux, sont mis à disposition des collectivités et des professionnels en contact avec le public.

L’objectif est de rappeler que les intoxications au monoxyde de carbone sont souvent évitables, à condition de respecter les règles d’entretien, de ventilation et d’utilisation des appareils de chauffage.

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