Depuis ce lundi 21 janvier 2019, 9 des 34 salariĂ©s de Carora Fibres ont commencĂ© un mouvement de grève Ă l’usine Carora Fibres. L’entreprise fabrique de la fibre synthĂ©tique Ă partir de bouteilles en plastiques.
Ils entendent dĂ©noncer d’une part « le retard rĂ©curent de paiement des salaires depuis plusieurs mois. A ce jour, celui de dĂ©cembre ne nous a toujours pas Ă©tĂ© versé ». D’autre part, selon les grĂ©vistes, l’employeur n’honorerait plus la partie Ă sa charge des cotisations de la mutuelle complĂ©mentaire : « nous payons notre part mais la mutuelle ne nous rembourse pas nos dĂ©penses de soins car Carora Fibres ne paie pas son dû ». Ils dĂ©plorent Ă©galement les « conditions de sĂ©curitĂ©, Ă l’intĂ©rieur de l’entreprise, qui ne sont pas assurĂ©es en l’absence de maintenance ».
Plus globalement, c’est la situation actuelle de Carora Fibres qui ne manque pas d’inquiĂ©ter. Selon les informations reçues par la CGT Vosges, l’entreprise serait en cessation de paiement.
C’est le 7 dĂ©cembre 2015 qu’un industriel tunisien a acquis de la ligne de production de fibre polyester recyclĂ©e, adjugĂ©e aux enchères 300 000 €, alors qu’elle en valait Ă l’origine 2 millions. Il Ă©tait convenu qu’elle devait rester dans les murs durant, au minimum, trois ans, c’est-Ă -dire jusqu’en dĂ©cembre 2018. Nous y sommes.
Une quarantaine d’emplois ont Ă©tĂ© créés au printemps 2016 par l’industriel tunisien. Tout au long des trois annĂ©es, des salariĂ©s se plaignaient des conditions de travail, d’accidents de travail et des retards de salaire.
Une longue histoire.
Depuis sa reconversion dans le recyclage de fibres, l’usine de la MĂ©delle a beaucoup fait parler d’elle. C’est en dĂ©cembre 2013 que l’ancienne communautĂ© de communes de la Haute-Moselotte acquiert les locaux pour 900.000 euros afin de les louer en crĂ©dit-bail Ă la sociĂ©tĂ© Fibers nouvellement créée. En mai 2014, elle y lance son activitĂ© : rĂ©cupĂ©rer le polyester brut et le recycler. La fibre produite est ensuite affectĂ©e au remplissage de couettes, d’oreillers et Ă la fabrication des tapis de voiture.
Fin juin 2014, une employĂ©e y trouve la mort, la tĂªte happĂ©e par une Ă©tireuse. Dix mois plus tard, en mars 2015, Fibers est liquidĂ©e par le Tribunal de commerce d’Epinal. Elle n’a pas rĂ©ussi Ă dĂ©crocher suffisamment de marchĂ©s pour assurer sa pĂ©rennitĂ©.
D.J.

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