Rue du Capitaine Flayelle, il est une propriété que bon nombre de romarimontains seraient en droit d’envier. Elle se compose d’un joli parc partiellement arboré entourant une bâtisse de charme construite en 1902 et parfaitement entretenue. Un petit coin de paradis pour les époux Philippe et Annie Mathieu qui chérissent ce bien représentant toute une vie de travail. Sur leurs terres, tout représente la vie et tout mérite d’être sauvegardé. C’est ainsi qu’un thuya plus que centenaire et dont le tronc était devenu creux a été préservé d’un abattage. Après une séance d’élagage, le vieil arbre vient de se transformer en une sculpture inédite qui a été inaugurée au cours du week-end, en présence des voisins et de multiples invités. L’occasion de rendre honneur aux hommes qui ont participé à la métamorphose du géant dont la hauteur dépassait les 30 mètres.
C’est en spécialiste et en prenant toutes les précautions nécessaires que Grégoire Cunat, grimpeur-élagueur, dont l’entreprise est romarimonaine sous la dénomination « Arbori-Cime », a procédé à l’élagage complet de l’arbre. Une opération ayant nécessité une petite semaine de travail à deux. Une fois ébranché, le thuya ainsi mis à nu a été confié en d’autres mains, en l’occurrence celles du sculpteur Francis Cuny, artiste façonneur bien connu des vosgiens et installé à Basse-Sur-Le-Rupt.

Et voilà le vieil arbre entièrement métamorphosé à l’entrée de la propriété du couple Mathieu. Divers éléments ont été coupés, travaillés, puis assemblés afin d’apporter une véritable identité à la sculpture. La tête de l’arbre se présente comme un grand oiseau prêt à prendre son envol. Un pari fou exécuté dans les règles de l’art avec beaucoup d’imagination. Un pari qui a été rendu possible, suite à une expertise de l’arbre effectuée par les personnels de l’ONF.

La 8ème merveille du monde
Au cours d’une sympathique réception organisée par les époux Mathieu, c’est toute l’existence du thuya qui fut évoquée. Une présence rappelant de nombreux souvenirs aux voisins les plus anciens. Philippe Mathieu le précisait lui-même : « implanté à l’entrée de la propriété, il constituait au temps de ma jeunesse la limite de mon terrain de jeu ordonné par ma mère ». Puis il poursuivait « j’ai toujours admiré ce thuya, il fait partie de mon univers et pour moi, il a toujours été la 8ème merveille du monde ».

Après avoir remercié les différents exécutants pour cette transformation jugée époustouflante, Francis Cuny prenait alors la parole : « j’ai fait mon travail et je vous laisse le soin d’interpréter le résultat de cette sculpture poétique. Ce fut aussi un jeu de réflexion partagée ». Alors que cinq joueurs de cors des Alpes avaient été invités à l’inauguration, le sculpteur rappelait que l’oeuvre ainsi réalisée conservait elle aussi un corps creux, à l’image de ces instruments d’où sortent de belles sonorités. Puis il précisait que l’arbre sera protégé avec un produit sain « afin qu’il respire la santé ».

Parmi les voisins présents, Marie-Odile et François Vannson ont posé aux côtés d’Annie et Philippe Mathieu pour la photo présentant la réplique miniature de l’arbre ainsi sculpté. François Vannson a ensuite cité un proverbe espagnol : « les fous serrent les nœuds et les sages les dénouent. Les sages que sont Philippe et son épouse ont su dénouer beaucoup d’espoir, de perspective, d’envol au quotidien pour faire vivre cette propriété avec tout son environnement ».

Un environnement effectivement intact, car à cet endroit, rien ne souffre, rien ne meurt. A l’exemple du thuya plus que centenaire qui s’élance ainsi métamorphosé dans une nouvelle vie. Autre époque, autre envol, chaque invité a largement applaudi à cette réussite.
Article participatif de Denis Philippe.

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