Saint-Etienne-lès-Remiremont – La forêt est à peine reconnaissable

Une promenade en forêt, même en ne quittant pas la route Jean Picard, est ponctuée par le bruit des tronçonneuses des exploitants forestiers, qui inlassablement mais avec le cœur gros, abattent les arbres malades, autant dire une grande partie de la forêt ! Si les épicéas ont été les premiers à tomber malades, les sapins suivent à présent et souffrent du « bostryche du sapin ». Si le manque d’eau est la raison première de cette dissémination (certaines parcelles sont quasi abattues), la seconde raison de cette propagation de la maladie est le fait de laisser les arbres coupés sur places. « Nous sommes obligés de laisser sur place une partie des bois coupés (qui n’ont plus aucune valeur financière) et qui à leur tour propagent la maladie aux autres arbres, sans compter qu’une grande partie des chablis de l’an dernier, voir de 2018 jonche toujours le sol. Bien sur, les arbres en bonne santé rapportent plus que les arbres qui commencent à être attaquer, mais si ces arbres malades avaient été coupés au départ et les arbres sains préservés, la perte de rendement aurait été bien moindre que celle d’aujourd’hui et les dégâts minimisés. Aujourd’hui il faut monter à 650/700 mètres d’altitude pour trouver une forêt moins attaquée. » Soulignent les professionnels. Une autre question reste à se poser, quant à la protection qu’assuraient ces sapins, épicéas.. Qu’en sera-t-il en cas de tempête, ou de fortes pluies ? Ces arbres abattus assuraient une protection et retenaient l’eau, mais par secteur, telle la parcelle 42, il ne reste que des sapins morts, voir plus rien.  « En l’espace de trois ans tout s’est dégradé, c’est la catastrophe, il est regrettable de voir que la forêt est désormais gérée depuis un bureau, où est le contact avec la forêt ? Comment peut on juger sur une carte de ce qui doit ou non être coupé ? Du côté finances pour le moment cela ne se ressent pas encore vraiment, mais du côté écologie c’est la cata. Les chablis de deux ans n’ont pas été fait, et sont à présent fichus, leur potentiel n’a pas été exploité. Il y a un manque évident de connaissance et de surveillance, il y a un manque de personnel et de personnel qualifié. Il faut aussi comprendre que lorsque l’on coupe un chêne qui se trouve au milieu d’une parcelle boisée, 10 arbres seront abimés lorsqu’il tombera au sol d’une part et à sa sortie d’autre part. » Soulignent avec tristesse et un sentiment d’impuissance les exploitants forestiers.