Faut-il s’inquiéter du coronavirus en Grand Est ?

Communiqué de presse de l’Agence Régionale de Santé du Grand Est du 29 février 2020.

Faut-il s’inquiéter du coronavirus en Grand Est ? Y a-t-il une estmation des risques d’être impactés dans le Grand Est ? L’Italie est touchée, des cas au Luxembourg avaient été suspectés…qu’en est-il pour le Grand Est à l’heure actuelle ?

Nous sommes vigilants face à la situation actuelle. A cette heure, un premier cas confirmé de Coronavirus a été signalé dans le Bas-Rhin. Il s’agit d’un patent français de 36 ans habitant Strasbourg, de retour d’un séjour en Lombardie (Milan). Pendant les prochains jours, ce patent demeurera hospitalisé en isolement au CHU de Strasbourg pour bénéficier d’une surveillance et d’un traitement médical. Son état de santé n’inspire aucune inquiétude.

D’autres personnes ont également fait l’objet d’un dépistage, certains sont encore en cours, mais jusqu’à présent ils se sont tous révélés négatifs.

Il faut savoir aussi que nous sommes actuellement en épidémie de grippe et c’est de cette épidémie dont il faut davantage s’inquiéter. L’an dernier en France, 1.8 millions de français sont allés consulter un médecin pour un syndrome grippal et on a recensé 8.100 décès.

 Existe-t-il un dispositif particulier en région Grand Est ? Quel est le parcours du patent ?

La prise en charge de patents potentiellement porteurs de Coronavirus a déjà été éprouvée en France et notamment en région Grand Est depuis l’émergence des coronavirus Mers-Cov et du SRAS.

Depuis cette période, un dispositif organisé autour des établissements de santé de référence du Grand Est, les CHRU de Nancy et de Strasbourg, en lien avec le dispositif de veille sanitaire de l’ARS et Santé publique France, permet de repérer au plus tôt, les cas suspects et de les prendre en charge si nécessaire.

Ces établissements sont actuellement en 1ère ligne sur la prise en charge du COVID 19. Ils sont désormais en capacité de réaliser des tests de dépistage du coronavirus.

Par mesure de précaution et pour faire face à une éventuelle épidémie COVID-19, Olivier VÉRAN, Ministre des Solidarités et de la Santé, a demandé aux ARS de renforcer cette organisation notamment compte tenu du nombre de cas apparus en Italie. Une cellule de coordination et de suivi est opérationnelle au sein de l’ARS Grand Est. Elle assure la coordination des cas possibles et confirmés, le suivi des personnes contacts et l’organisation de la prise en charge avec les établissements de santé et la médecine de ville.

En cas de suspicion, la démarche est la suivante :

Les centres 15 de la région prennent l’attache d’un des infectologues d’un des établissements de référence afin de valider ou d’invalider la suspicion.

Le centre 15, en lien avec l’un des établissements de référence, organise ensuite le transfert du cas suspect directement vers le service d’infectologie de l’établissement de santé de référence sans passer par les urgences afin d’éviter une contamination.

L’équipage ambulancier qui transporte le cas est équipé de protection adaptée à la nature du risque infecteux. Au niveau de l’établissement de santé de référence, il est pris en charge en chambre seule, avec
sas, par une équipe soignante habillée en protection adaptée.

En parallèle, l’infectologue de référence prévient l’ARS, quelle que soit l’heure, pour l’informer de la suspicion. L’ARS, à ce stade, va travailler, en lien avec le clinicien et le patent à l’identification des contacts du cas suspect. Ces contacts ne seront appelés que si le cas est confirmé.

Lors de cette première phase de la prise en charge, le patent bénéficiera d’une recherche virologique afin de confirmer ou non la suspicion de coronavirus.

En cas d’infirmation du diagnostic, le patent est pris en charge dans le cadre habituel, c’est-à-dire, avec une
levée des précautions spécifiques au ‘019-nCoV.

Dans le cas d’une confirmation de coronavirus :

S’il y a confirmation d’un cas de coronavirus, la prise en charge est poursuivie en isolement. L’ARS, en lien avec Santé Publique France, appellera et informera l’ensemble des contacts et assurera un suivi téléphonique quotidien des contacts. Ils devront surveiller leur température et alerter en cas d’apparition de signes respiratoires. Ils disposeront d’un numéro dédié, joignable H’4 au niveau de l’ARS pour assurer le suivi de leur état de santé. Dans tous les cas et en fonction des besoins, ils peuvent contacter directement le 15, sinon ils seront mis en relation avec ce dernier afin d’assurer une prise en charge adaptée. En revanche, il est important de ne pas se rendre par eux-mêmes aux urgences ou à une consultation médicale.

Dans le cas d’une épidémie avérée :

En cas d’épidémie, des établissements de santé pourront être mobilisés en seconde intention, si besoin, pour augmenter les capacités des établissements de première ligne. Il s’agit des établissements siège de SAMU. Il y en a un par département. Depuis leur désignation, ce dimanche ‘3 février, ils préparent leurs organisations internes et leur capacité d’accueil pour se préparer à prendre en charge, si cela devait être nécessaire, des patients atteints par le coronavirus.

Il s’agit des établissements suivants :

o CHU de Reims (51),

o CH de Charleville-Mézières (08),

o CH de Troyes (10),

o CH de Chaumont (5’),

o CH de Verdun-Saint-Mihiel (55)

o CHR Metz-Thionville, site de Mercy (57)

o Groupement hospitalier régional Mulhouse Sud Alsace (68)

o CH Emile Durkheim d’Epinal (88)

 Communication sur les cas possibles et confirmés ? Depuis le début de la crise du coronavirus, combien de prélèvements suspects ont été faits dans le Grand Est ?

La communication des éléments d’informations relatifs aux cas possibles et confirmés est assurée par la Direction Générale de la Santé uniquement. A cette heure, un premier cas confirmé de Coronavirus a été signalé dans le Bas-Rhin. Il s’agit d’un patent français de 36 ans habitant Strasbourg, de retour d’un séjour en Lombardie (Milan). Pendant les prochains jours, ce patent demeurera hospitalisé en isolement au CHU de Strasbourg pour bénéficier d’une surveillance et d’un traitement médical. Son état de santé n’inspire aucune inquiétude.

D’autres personnes ont également fait l’objet d’un dépistage, certains sont encore en cours, mais jusqu’à présent ils se sont tous révélés négatifs.

 Comment se déroule le suivi des « cas contacts » ?

L’Agence, en lien avec Santé publique France, mène actuellement une enquête pour identier les personnes
avec qui le patent a eu des contacts étroits depuis le début de ses symptômes. En foncton de la durée et
du degré de proximité avec la personne infectée, les « cas contacts » sont catégorisés et suivent un
protocole défini par Santé Publique France :

Si le risque est estimé « négligeable », aucune action n’est nécessaire,

Si le risque est « faible », la personne est informée par un médecin de l’ARS. Elle doit alors prendre sa température deux fois par jour et contacter le SAMU en cas de fièvre ou d’apparition de symptômes,

Si le risque est « modéré/élevé » : la personne est mise à l’isolement à son domicile durant une période
de 14 jours et contactée deux fois par jour par l’ARS pour recueil de sa température.

Parmi les 70 hôpitaux supplémentaires activés, y en-a-il dans le Grand Est ?

En cas d’épidémie, des établissements de santé pourront être mobilisés en seconde intention, si besoin, pour augmenter les capacités des établissements de première ligne. Il s’agit des établissements siège de SAMU. Il y en a un par département. Depuis leur désignation, ce dimanche ‘3 février, ils préparent leurs organisations internes et leur capacité d’accueil pour se préparer à prendre en charge, si cela devait être
nécessaire, des patents atteints par le coronavirus.

Il s’agit des établissements suivants :

o CHU de Reims (51),

o CH de Charleville-Mézières (08),

o CH de Troyes (10),

o CH de Chaumont (5’),

o CH de Verdun-Saint-Mihiel (55)

o CHR Metz-Thionville, site de Mercy (57)

o Groupement hospitalier régional Mulhouse Sud Alsace (68)

o CH Emile Durkheim d’Epinal (88)

 Qu’est-ce que cela engendre dans l’organisation des hôpitaux ? Est-ce que des lits et des effectifs supplémentaires vont être déployés ?

Les établissements de seconde ligne sont pour le moment mis en alerte ; ils doivent se préparer et revoir
leurs organisations pour se préparer à prendre en charge, si cela devait être nécessaire, des patents
atteints par le coronavirus.

Cela implique notamment d’identifier les circuits et les secteurs de prise en charge et d’hospitalisation des patents ainsi que d’organiser leurs soins, afin d’éviter un risque de propagation du virus aux autres secteurs de l’établissement. Pour le moment, aucun renfort effectif supplémentaire n’est mobilisé.

 Les soignants seront-ils formés à cette pathologie en particulier ?

Oui, pour les ‘ ESR (Nancy et Strasbourg). L’expérience et les outils développés par les ESR vont pouvoir être partagés avec les établissements de la région et notamment les ES support de SAMU.

Par ailleurs, les soignants sont formés à mettre en oeuvre les mesures d’isolement justifiées par les pathologies contagieuses. Si des mesures supplémentaires ou très spécifiques devaient être nécessaires, ils le seront. Pour le moment, cela n’apparait pas nécessaire.

 Qu’est-il prévu en cas d’épidémie dans les établissements médico-sociaux du GE ?

Les conduites à tenir actualisées sont diffusées régulièrement aux ES, ESMS, URPS et transporteurs. Ces mesures viennent compléter notamment pour les ESMS leur dispositif saisonnier existant de lute contre les cas groupés d’infectons respiratoires aiguës.

QUESTIONS DIVERSES

 Peut-on attraper la maladie par l’eau ? Le virus peut-il se transmettre par les fluides sexuels ?

A ce jour, il n’a pas été rapporté de contamination par l’eau. Cette maladie est à transmission respiratoire et
probablement de l’animal à l’homme, mais la source n’est pas encore identifiée.

Il n’y a aucun élément en faveur d’une transmission par les fluides sexuels à ce stade.

 Est-ce que le 2019-nCoV survit dans le milieu extérieur ?

Au vu des données disponibles sur la survie des coronavirus dans le milieu extérieur (quelques heures sur des surfaces inertes sèches) et compte tenu des temps et conditions de transport avec la Chine, le risque d’être infecté par le nouveau coronavirus en touchant un objet importé de Chine est considéré comme extrêmement faible. Les mesures d’hygiène standard (lavage des mains, nettoyage de surfaces) sont efficaces.

Une foire aux questions plus complète est régulièrement mise à jour sur le site du Gouvernement
https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus.