BTP des Vosges – Sylvie Tuaillon attire l’attention des parlementaires vosgiens sur la situation de très nombreuses entreprises

Sylvie Tuaillon, présidente du BTP des Vosges, attire l’attention des parlementaires vosgiens « sur la situation de très nombreuses entreprises vosgiennes de BTP, qui – si rien n’était fait- pourraient se trouver en situation de faillite dans quelques semaines, en dépit du redémarrage des chantiers », dans un courrier à lire ci-dessous.

Messieurs les Parlementaires,

Nous souhaitons attirer votre attention sur la situation de très nombreuses entreprises vosgiennes de BTP, qui – si rien n’était fait- pourraient se trouver en situation de faillite dans quelques semaines, en dépit du redémarrage des chantiers.

Depuis plusieurs jours, notre secteur a établi un guide de préconisations, validé par le Ministère de la Santé, permettant une reprise progressive des chantiers en assurant la sécurité de nos salariés. Cependant, nous en sommes conscients : ces mesures, qui demeurent à l’appréciation de chaque entrepreneur ne pourront pas s’appliquer partout et lorsqu’elles le pourront, se traduiront par un surcoût important pour les TPE/PME du département.

Outre l’achat- souvent difficile – des équipements nécessaires (gel, masques, lunettes), s’ajoute l’impact de ces mesures et de la distanciation sociale sur le rythme de production. A cette baisse de productivité, il convient d’ajouter les coûts majorés pour certains matériaux en raison des difficultés d’approvisionnement.

Cette situation pose une question immédiate. Elle tient aux chantiers en cours ou aux marchés signés. En temps normal, la rentabilité moyenne d’une entreprise de BTP avoisine les 2 % et les réserves restent faibles, avec des trésoreries correspondant à quelques mois d’un chiffre d’affaires normal.

Les mesures prises en urgence par les pouvoirs publics (fonds de solidarité pour les TPE, accompagnement de la BPI) constituent un indispensable soutien aux trésoreries. Mais, dans le BTP, elles ne résoudront pas le problème des comptes d’exploitations fortement dégradés, sur tous les chantiers avec à terme un nombre de faillite considérable.

Si l’on veut maintenir la capacité de production du BTP dans tous les territoires, il n’y a qu’une solution : il faut que l’ensemble de la filière construction participe à l’effort général.

Cela implique que le surcoût indiscutable engendré par les mesures sanitaires soit équitablement réparti entre les fournisseurs, les entreprises de BTP et les maîtres d’ouvrages.

En matière de marché public, une ordonnance publiée fin mars prévoit plusieurs mesures pour assurer ce rééquilibrage : notamment l’adaptation des marchés à la période de confinement, la neutralisation des pénalités de retard et l’indemnisation de l’entreprise pour le surcoût.

Nous demandons qu’un rééquilibrage équivalent soit prévu en matière de marchés privés, c’est-à-dire pour l’écrasante majorité des contrats dont dépend l’activité Bâtiment.

Nous plaidons pour qu’une ordonnance « marchés privés » soit publiée en vue d’établir des dispositions équivalentes s’appliquant aux marchés privés conclus jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire déclaré par l’article 4 de la loi du 23 mars 2020 (et augmentée d’une durée de deux mois) ainsi qu’aux marchés en cours.

La Profession ne peut pas, à elle seule, supporter le fardeau : dans une période comme celle que nous traversons, il faut que tout le monde joue le jeu, maîtres d’œuvre comme maîtres d’ouvrage, fournisseurs comme négociants.

Les pouvoirs publics se doivent de rappeler cette exigence. C’est d’elle dont dépendra la capacité de nos entreprises à tenir bon et à préserver les 9000 emplois qu’elles assurent dans le département. Ne nous voilons pas la face : elle implique une surcote de 20% sur le poste main d’œuvre. C’est le prix collectif à payer pour la santé des salariés du BTP dont personne ne doit se déresponsabiliser.

Nos TPE/PME sont aujourd’hui en première ligne pour tenir la digue de l’activité économique au niveau local : ne les sacrifions pas sur l’autel du chacun pour soi !

Nous sollicitons aujourd’hui votre appui auprès du Gouvernement pour qu’une telle mesure soit prise au plus vite.

Je reste à votre disposition.

Bien cordialement.

Sylvie TUAILLON.

Présidente.