Saint-Dié-des-Vosges – Le FIG 2020 a tenu la barre et maintenu le cap

Avant que le rideau ne tombe dignement sur une édition qui aura cette année encore rassemblé les puristes du genre, jamais les mois qui ont précédé ce Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges n’auront été si particuliers. « Nous avons vécu une forme d’épreuve de vérité. Jusqu’au bout nous avions en tête une annulation possible du Festival. Nous avons fait comme si… et cela s’est passé », insistait d’ailleurs le premier magistrat déodatien, David Valence, à l’issue de l’événement.

Pourtant, tous y ont cru… et de saluer par la même occasion l’engagement sans faille des chevilles ouvrière de cet événement phare du territoire, notamment toute les équipes menées par la directrice du Festival, Victoria Kapps, les agents de la Commune et les bénévoles.

Le rendez-vous fut masqué, « hydroalcoolisé », « distancé »… mais malgré tout, « ils » étaient là, amateurs ou professionnels des disciplines géographiques en tous genres.

Placée sous le signe du climat sous toutes ses formes, « des » climats donc, cette mesure n’a fort heureusement pas trop souffert des caprices climatiques justement annoncés pour ce week-end dernier sur le massif vosgien. On avait déjà bien fort à faire avec les mesures sanitaires. Alors même s’il fut amputé de quelques invités, de son pays invité, de son « FIG Junior », de ses démonstrations et dégustations culinaires, le grand rendez-vous scientifique est populaire fut un assez beau succès malgré tout.

Imaginer voyager, s’évader, apprendre, savourer…

Il suffisait de l’imaginer… le reste l’a fait. Imaginer voyager, s’évader, apprendre, savourer…. porter son regard vers l’autre bout du monde, vers une programmation rondement exécutée. Car le FIG, c’était à loisir des animations, un salon gastronomique tout de même, un salon du livre qui a lui aussi réuni des milliers de festivaliers, des séances de ciné, des centaines de conférences, des rendez-vous initiés aux quatre coins du Pays de la Déodatie… c’était aussi des centaines de paires de bras qui ont oeuvré à sa réussite sans tarir d’effort. Tout l’esprit d’un grand festival ; et une porte large ouverte sur les connaissances.

Vice-présidente à la Culture de la Communauté d’Agglomération, Claude Kiener tenait à le souligner : « Maintenir le Festival était une nécessité en termes économiques. Quant aux habitants du territoire, ils ont aujourd’hui cette fierté d’avoir le monde entier qui les regarde.

Les organisateurs ont maintenu le cap malgré la tempête.

Le thème de cette année, « Climat(s) », résonne en chacun de nous. Le monde souffre, les Vosges souffrent. Nos sapins sont malades, les hivers enneigés de notre jeunesse disparaissent. »

Il y a urgence pour nos vlimats ; et jamais la thématique ne s’est montrée d’une telle importance. C’est aussi ce qu’a tenu à préciser le nouveau président de l’Association de Développement du Festival International de Géographie Thibaut Sardier.

« Corps » et « Europe(s) » l’année prochaine.

« Il était important de maintenir ce Festival 2020 pour que les intervenants et les festivaliers puissent échanger sur un sujet aussi important. Les géographes étant des professionnels de la distance, d’une certaine façon la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains constituent un exercice de Géographie.
Que faire dans ce nouveau mode de gestion de l’espace ? C’est l’une des questions posées durant cette édition et à laquelle les géographes ont tenté de répondre. »

Les fondamentaux du FIG étaient donc là… Un FIG marqué, comme d’habitude, par ses invités prestigieux. A commencer par le Président Michel Bussi, deuxième au classement des écrivains français en nombre de livres, rien que ça ! Cette édition 2020 a été synonyme de retour à Saint-Dié-des-Vosges de la navigatrice Isabelle Autissier, en qualité de Grand Témoin. Le dessinateur et illustrateur « Jul », quant à lui, a présidé le Salon du Livre. On ajoute à la liste un « grand entretien » avec Jean-Louis Etienne, « infatigable défenseur de la planète », les présences de nombreux auteurs à l’image du géographe Michel Foucher, de l’ingénieur-prévisionniste-météorologue français Louis Bodin, « Monsieur Météo » sur TF1… et bien d’autres encore.

Ce fut un FIG pas comme les autres, mais un FIG tout de même… une navigation sans encombre sur les eaux du savoir. Comme l’a souligné Isabelle Autissier : « C’est un haut lieu de débat scientifique et un lieu de débat humain. Nous ne construirons pas la société de demain chacun dans son coin, c’est ce que nous devons retenir. » Tradition respectée dimanche soir par le premier magistrat David Valence qui a levé le voile sur la substance de l’édition 2021 : « Le Portugal ne sera pas le pays invité ; il le sera en 2022. L’année prochaine, autour du thème du ou des « corps », nous aborderons une autre thématique « Europe(s) ». Parce que tant de choses ont changé… »

Le rideau est tombé sur un Festival bien particulier qui continuera dans nos têtes et nos coeurs. On y pensera, on l’imaginera… tout aussi réussi que celui qui nous attend l’année prochaine. Embarquement programmé…

Tony Jacquot.