Remiremont – Commerces : « la version 2 du confinement n’est pas clairement équitable »

C’est ce que nous a traduit ce samedi Yannick Antoine, le président de l’Union Romarimontaine des Commerçants et Artisans (URCA). Parfaitement conscient que « c’est une nouvelle volée de bois vert » qui touche le commerce local, le président des commerçants entend bien ne pas baisser les bras.

Dès vendredi matin, alors que de nombreuses boutiques devaient se résigner à ne pas ouvrir au vu des mesures gouvernementales annoncées l’avant-veille au soir, Yannick Antoine entamait les contacts, notamment avec la Communauté de Communes de la Porte des Vosges Méridionales (CCPVM) avec laquelle un rendez-vous est prévu en début de semaine. Une communauté de communes qui est prête – comme elle l’a fait au printemps dernier-  à apporter son soutien entier aux différents commerces des dix communes couvrant son territoire.

Faire remonter les choses auprès du Gouvernement.

Le président de l’URCA tient à souligner le soutien apporté par les différents maires, tout en saluant les initiatives sollicitées en haut lieu par mesdames les maires de Plombières-les-Bains (lire ici) et Le Val d’Ajol (lire ici). Des initiatives parallèlement soutenues et appuyées par une multitude de messages. Il est clair que les choses bougent un peu partout au niveau national et au sein de l’URCA, l’on se satisfait que l’Association des Maires de France mette la pression de son côté.

« Plus les initiatives seront soutenues, plus il y a de chance que les choses remontent auprès du Gouvernement », note au passage Yannick Antoine. Un président qui indique encore que « cette version 2 du confinement n’est pas aussi équitable que la première »,  tout en ajoutant : « j’ai vraiment du mal à comprendre pourquoi on oblige les boutiques de vêtements à fermer. Et ce n’est qu’un exemple, alors qu’un magasin comme Gifi reste ouvert ».

Le retour de l’opération « Jaimemescommerçants.com ».

Chacun sait le succès obtenu par cette opération lancée lors du confinement printanier. Sur le secteur, le résultat fut probant puisque les commerçants ont été soutenus à hauteur de 500.000 euros par le biais des bons d’achats réservés par leurs clients. Une opération « Jaimemescommerçants » qui s’apprête à être reconduite, mais cette fois en ciblant les commerces non ouverts.

Cela ne fait aucun doute que la clientèle saura, à nouveau, affirmer son soutien aux nombreux magasins concernés afin de préserver leur chiffre d’affaires. Il est cependant indéniable que l’année 2020 laissera des traces. Au niveau de l’URCA, le calendrier des animations s’avérait étoffé, mais à la seule exception de la braderie de début octobre, tous les événements prévus n’ont pu se dérouler à cause des impératifs engendrés par cette crise sanitaire. A propos de la braderie, bien que réduite cette année, « c’est toutefois une manifestation qui a satisfait les exposants présents », traduit Yannick Antoine.

Un président qui ne cache cependant pas ses inquiétudes à l’approche de cette fin d’année. « Nous avions prévu une réunion pour préparer l’opération Black Friday qui devait être reconduite cette année. La grande inconnue, c’est aussi l’animation en prélude de la période de Noël » ajoute t-il avec un brin d’amertume.

La solidarité du magasin Intermarché.

Certes, le Gouvernement a annoncé qu’il jugerait, s’il y a lieu, de revoir sa copie à la mi-novembre. Mais dans quel sens les choses vont-t-elles évoluer ? Cela reste la question primordiale du moment. Toutefois, aux côtés des diverses  initiatives lancées, s’installe aussi une certaine solidarité. Avec cet exemple venant de la direction du magasin Intermarché de Saint-Nabord qui a pris la décision de retirer de la vente un rayon entier, celui des textiles et vêtements.

A l’URCA, le geste est pleinement salué. « Il serait également bon que les autres grandes surfaces suivent cet exemple » souffle au passage Yannick Antoine.

Propos recueillis par Denis Philippe.