Secteur de Remiremont – Quand la victime se retrouve à la rue…

Madame A. (nous ne la citerons pas pour des raisons de sécurité), est domiciliée dans le secteur de Remiremont. Agée de 39 ans, elle vit depuis quelques jours dans sa voiture avec son fils de 19 ans et ses chiens.

Mariée à un homme violent, elle a été contrainte de quitter son domicile, à la demande des autorités. Traumatisée et plutôt désemparée par le fait de se retrouver à la rue, elle s’est confiée.

« Les violences ont commencé après 8 mois de mariage, rien ne laissait présager auparavant que cet homme était violent. Violence physique (claques au départ), mais aussi violence verbale. Puis avec l’aide de l’alcool et de la drogue, ça a été l’escalade pour arriver au traumatisme crânien. A ce moment là, j’ai du faire appel aux forces de l’ordre, mon époux a été incarcéré un an. J’ai préféré déménager, mais je n’ai pas coupé les ponts avec lui pendant son incarcération, je lui envoyais des mandats dont la somme était partagée pour moitié avec son père. Comme nos rapports étaient plutôt bons pendant cette année de détention, j’ai pensé qu’il avait réfléchi, qu’il allait mieux, qu’il s’était désintoxiqué et qu’il avait changé, que notre couple pouvait repartir. J’ai voulu nous laisser une chance. A sa sortie de prison, il est revenu au domicile, où tout s’est bien passé pendant un mois, puis les violences verbales sont réapparues petit à petit, suivies par les coups. Mon époux s’est remis à boire et à prendre de la drogue, il a été contrôlé avec près de 3 grammes d’alcool dans le sang. Il a été hospitalisé d’urgence à Ravenel il y a un mois et pour un mois. A sa sortie il y a quelques jours, il est revenu au domicile, où les coups ont repris, j’ai appelé le 17, qui l’a amené à l’hôpital avant de le mettre en garde à vue suite à un dépôt de plainte. Jeudi à sa sortie de garde à vue, les autorités m’ont demandé de quitter le domicile conjugal au plus vite, ce que j’ai fait avec mon fils et mes chiens. La mairie, où je me suis présentée, m’a donné l’adresse du CDIFF et son numéro de téléphone, mais je n’ai pu joindre personne au téléphone.  Lundi mon cas sera soumis à la commission des « Toits Vosgiens », si tout va bien, je pourrais avoir un appartement jeudi, après une semaine passée dans ma voiture » annonce avec les larmes aux yeux, Madame A.

Si elle parvient à avoir un appartement jeudi, le Groupe Solidaire et Citoyen, s’est engagé à lui fournir le mobilier, la vaisselle et les affaires dont elle aura besoin.

Propos recueillis par Christiane Thiriat.