Remiremont – Leila et Moulay, des questions sans réponse

Leila et Moulay El Hassani ont acheté une maison le 31 décembre 2010, dans laquelle le jeune couple pensait vivre de belles et longues années avec leurs enfants. Située au 29 rue des Prêtres à Remiremont, la bâtisse leur a alors couté la somme de 120.000 euros travaux compris, tous ont été réalisés par Moulay.

Leila est née en France, elle a passé sa petite enfance au Rhumont avant de partir pour la région Parisienne. Elle revient dans ses Vosges natales quelques années plus tard, rencontre Moulay et le couple, qui s’est marié en 2003, a aujourd’hui 4 enfants  : 1 garçon et 3 filles, dont 2 jumelles.

Moulay est arrivé en France il y plus de 20 ans, auto entrepreneur en construction, il passera travailleur indépendant sous la demande du RSI (sécurité sociale des indépendants). A partir de ce moment, les problèmes commencent pour lui, les personnes qui travaillaient avec lui, le mettent de côté et une fois l’ensemble de ses cotisations et autres réglées il lui reste 750€ pour vivre à 6  : « Nous avions 1.200 euros de remboursement de crédit maison par mois, plus les charges. Le conseiller bancaire nous a conseillé de prendre deux crédits à la consommation à 14 % d’intérêt » souligne Moulay.

Pour Leila, les problèmes commencent également, coordinatrice, titulaire d’un BAFT, elle perd son emploi pour avoir osé intervenir auprès de collègues, après avoir assisté à une forme de malveillance envers enfants. A partir de ce moment, c’est la décente aux enfers pour la jeune femme et pour le couple, Leila ne trouve plus d’emploi dans la branche pour laquelle elle est diplômée, et ce, juste pour avoir eu le courage d’intervenir et de signaler un problème !

En 2016, le couple qui a accumulé quelques mois de non remboursement de prêt, rempli un dossier de surendettement sur la demande de la banque : « Nous ne touchions pas d’allocation logement, car le conseiller n’avait pas envoyé les dossiers à la CAF. Pourtant, nous lui avions demandé de le faire à plusieurs reprises ».

En 2018, de nouveau sur la demande de son conseiller, le couple présente un second dossier de surendettement, il est refusé à Monsieur et accepté pour Madame. Et la maison est mise en vente. « Aujourd’hui, j’ai retrouvé un travail dans ma spécificité, je travaille et gagne bien ma vie. Leila aussi a retrouvé du travail, mais personne n’a pris en compte ce que nous avions à dire et notre maison a été mise en vente ».

Et là encore, c’est du délire ! Alors que le couple avait un acquéreur à 90.000 euros, un panneau de vente aux enchères avec mise à prix à 30.000 euros a été apposé sur la porte ! L’acquéreur s’est alors rétracté.

« Elle a été vendue 45.000 euros, alors que cela ne couvre même pas le solde du à la Banque ! J’ai donc proposé de la racheter : refusé. Le frère de Leila a posé une enchère à 50.000 euros : refusé, alors qu’elle a été vendue à 45.000 euros ! Aujourd’hui, nous avons une sommation de quitter cette maison d’ici à 15 jours. Nous ne comprenons pas pourquoi la banque n’a pas voulu entendre ce que nous avions à lui dire, alors qu’aujourd’hui la vente ne lui permet pas de rentrer dans ses frais. Nous ne comprenons pas pourquoi il ne nous a pas été possible de faire valoir nos droits aux allocations logements avec 4 enfants. Ni pourquoi nos propositions ont été refusées aux enchères, ni pourquoi Leila a fait l’objet de tant d’acharnement dans son travail ». Que de questions sans réponse ! Pourquoi ce couple travailleur a-t-il été pris dans cette spirale ? Pourquoi lui avoir proposé des crédits supplémentaires alors qu’il avait du mal à payer ses remboursements ?

Christiane THIRIAT.