Remiremont – Christiane Wininger : « je n’ai pas monté un réseau occulte de collecte d’informations à la mairie »

Première adjointe de Bernard Godfroy, de 2014 à 2016, Christiane Wininger revient, dans un communiqué, sur ses deux années au conseil municipal de Remiremont. Quand en 2016, Bernard Godfroy a démissionné, Christiane Wininger a assuré l’intérim de maire pendant deux mois, entre le 23 septembre et le 23 novembre 2016, avant de passer le flambeau à Jean Hingray, nouvellement élu maire.

Sur le fait qu’elle aurait démesurément gonflé son CV. 

Les propos tenus me semblaient trop misogynes pour qu’on s’y attarde. Jamais, en politique, on ne demande son CV à un Monsieur. Ayant fait toute ma carrière dans un monde plutôt masculin, je ne réagis pas au quart de tour aux critiques sexistes. Peut-être ai-je eu tort ?

Les propos me semblaient « hors sol ». Un conseiller municipal est un élu, il n’est pas recruté par un chasseur de tête. Lorsque j’ai accepté de figurer sur la liste de Monsieur Godfroy, l’on m’avait sollicité parce que l’on n’avait pas assez de candidates, j’étais en 15ème position. La défection d’une candidate m’a fait grimper dans la liste puisque mon « profil » intéressait les têtes de liste. Aucun CV ne m’a été demandé pour figurer sur la liste.

Ma carrière s’est faite sur près de 40 ans dont les 32 derniers dans la même entreprise. Ce déroulé de carrière ne demande pas de CV tout prêt à tout moment. Je n’avais pas, d’ailleurs pas à me justifier sur 40 ans puisque les politiques sont souvent sur du très court terme en ce qui concerne leurs activités et les revenus préalables à leur élection.

Ce qui est certain, c’est que venant du privé, on a des principes de gestion des fonds très rigoureuse, très responsable. On pense que cela se passe de même pour les fonds des collectivités territoriales. Même si l‘on a suivi des cours de Droit Administratif et de Finances Publiques au cours de ses études, la découverte de la pratique réelle laisse perplexe. J’ai été trop affûtée, trop « contrôlante », trop anticipatrice pour ne pas heurter certains élus. Être en charge de la « bonne » utilisation de fonds collectés pour le bien commun est une responsabilité qui demande pragmatisme, elle n’admet ni fantaisie, ni laxisme.

Les finances de la ville n’étaient peut-être pas pour moi ; toutefois pour ne pas amplifier les problèmes de cohésion du groupe de la majorité du Conseil Municipal, j’ai gardé le silence, je n’ai réagi ni aux articles, ni aux caricatures. Peut être ai-je eu tort  quoi qu’il en soit cela n’a pas changé grand-chose à la suite, à mon avis.

Sur le fait qu’elle aurait freiné l’entrée de Jean Hingray en mairie après son élection comme maire en  novembre 2016.

Je n’ai jamais, jamais, au grand jamais interdit l’entrée de la mairie à Monsieur Hingray. La conciergerie de la mairie peut en témoigner

Dès le lendemain des élections, en l’absence de la Directrice Générale des Services en congé de maladie, j’ai demandé à tous les chefs de service de préparer une fiche récapitulative de leur département pour faciliter le travail de la nouvelle équipe. Cette fiche devait mentionner l’effectif, l’organisation, les missions en cours, les missions prévisionnelles, le budget alloué, les envies de dire…

Cela a été fait avec beaucoup de sérieux par tous les chefs de service. J’ai validé les fiches qui m’ont été présentées. Un planning de présentation des services a été proposé au nouvel élu qui n’a pas semblé porter intérêt à cela, ni avoir le temps de les écouter.

Avec beaucoup de candeur je pensais que la réunion du premier conseil municipal allait procéder à l’élection du maire premier sur la liste, des adjoints les 2ème, 3ème , 4ème et ainsi de suite. Il est vrai que les textes permettent de « faire autrement » mais cela me paraissait très inhabituel ; un électeur fait souvent son choix sur toute la liste certes mais plus particulièrement sur les premiers noms pour les municipales.

L’envoi d’une convocation, avec à l’ordre du jour l’élection du maire et de ses adjoints, n’a pas été approuvé par Monsieur Hingray. Pourquoi ? Je ne peux rien vous dire à ce sujet. Des personnes sur la liste présentée au scrutin citoyen peuvent vous en dire plus. Il faudrait peut-être interroger les personnes dont le nom a disparu entre le scrutin et la réunion du premier conseil municipal . Ces personnes savaient aussi que les portes de l’hôtel de ville leur étaient grandes ouvertes et l’on attendait le maire putatif pour un débrief et une passation de dossiers,

Les convocations à cette première réunion du conseil municipal ont été envoyées par les services de la Préfecture avec un seul point : l’élection du maire puisque Monsieur Hingray n’avait pas « finalisé » les élections de ses adjoints.

Quant à dire que j’ai joué au Calife, je pense que c’est trop drôle

  • pas maire par intérim, juste première adjointe mais faisant fonction de…
  • je n’ai pas présenté de liste aux élections, et mon nom n’a figuré sur aucune liste,
  • je suis restée strictement à ma place,
  • pas occupé le bureau du maire,
  • pas utilisé sa voiture de fonction,
  • pas utilisé son téléphone de fonction,
  • pas porté son écharpe à glands dorés,
  • pas demandé les clefs de la mairie,
  • pas touché les indemnités de premier élu,
  • pas monté un réseau occulte de collecte d’informations à la mairie.

En revanche, pour que l’image soit un peu plus complète sur la situation sur cette période,

  • la Directrice Générale des Services étant absente puisque souffrante,
  • j’étais en prise directe avec les Services qui ont fait un travail remarquable,
  • la presque totalité des adjoints avaient démissionné,
  • des élections ont été organisées,
  • le service public a continué à fonctionner,
  • lorsque l’on m’a dit que l’on avait pas « besoin de moi pour les dossiers », j’ai pris ma p’tite tasse à café et je suis partie, laissant la politique politicienne aux marches de l’hôtel de ville.

Je n’ai pas réagi aux propos à l’époque parce que je pensais que la vie romarimontaine avait été bien bousculée et qu’il fallait arrêter les polémiques.

A présent que tout est dit, je souhaite que la ville avance, que les athlètes, les footeux, toutes les associations, les commerçants, les habitants, toutes les bonnes volontés soient soutenus par les élus juste parce que j’aime ma ville.