Massif vosgien – Ski de fond : l’ancien entraineur d’un club condamné à 18 mois de prison ferme

Emoi et stupeur dans le petit monde du ski de fond du massif vosgien. L’un de ses anciens entraîneurs, d’autant plus connu qu’il a également été président de la commission de ski de fond du comité régional des Vosges, a été condamné mardi 15 novembre 2022 par le tribunal correctionnel de Belfort. Il a écopé de trois ans de prison dont un an et demi ferme pour des attouchements à répétition sur une fille du ski-club de Ranspach dont il était l’entraîneur de l’antenne belfortaine à l’époque des faits.

Des faits anciens, ils remontent à la période allant de janvier 1994 à juin 2002, quand la victime avait entre 7 et 15 ans. L’entraineur de son club en avait entre 52 et 60.

En 2021, 19 ans après les faits, elle a fini par porter plainte. Elle souffre d’un syndrome post-traumatique maîtrisé mais avéré, selon les termes de l’expertise psychologique. A travers ce procès, elle entend « vouloir rendre justice à la petite fille qu’elle était ».

Devant le tribunal, la jeune femme, 35 ans aujourd’hui, a raconté les agressions à répétition, les caresses sur la poitrine et  l’entrejambe, dans la voiture, en forêt ou dans la neige, au-dessus des vêtements mais aussi en dessous : « À chaque entraînement, il faisait en sorte qu’on se retrouve seul. Il m’attrapait par derrière, me mettait la main sur le nez et la bouche pour me faire taire. Je me suis toujours débattue mais il était plus fort que moi ».

A 80 ans aujourd’hui, le prévenu avait reconnu les faits durant sa garde à vue. A la barre, « Je conteste tout »« oui j’ai changé de version » a affirmé l’homme à l’allure encore athlétique. Il a reconnu « avoir peut-être effleuré la poitrine mais dans un contexte de jeu ». Il en fut ainsi de sa défense tout au long de l’audience. 

Le parquet a réclamé 12 mois de prison avec sursis. Le tribunal est allé nettement plus loin que les réquisitions en prononçant une peine de trois ans de prison 18 mois ferme et 18 mois de sursis probatoire, avec mandat de dépôt à délai différé. L’octogénaire devra se soigner et indemniser son ancienne élève à hauteur de 7.000 euros ainsi que ses frais d’avocat.

Il lui est aussi interdit d’entrer en contact avec elle et d’exercer une activité en contact avec des enfants pendant cinq ans. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAIS).