Gérardmer se couvre d’un manteau de mots
Depuis l’année dernière, le monde s’est enténébré. Le mépris de l’autre et le non-respect de l’être œuvrent à l’accélération de phénomènes inconcevables tant ils sont absurdes et barbares. Nous avons voulu ce festival reposer sur ses fondements, littérature et mythologies. Les vampires, figures cinématographiques des voleurs de sang, sont parmi nous en ces temps obscurs, où la lumière s’épaissit au bénéfice des Nosferatu des temps modernes.
Le cinéma qui nous intéresse ici doit beaucoup à la prose de son genre fondateur, l’écriture qui libère et enrichit un imaginaire sans limite, inspirant le monde de la création. Rien n’échappe aux écrivains, plus souvent plumes de vérité que ramages du mensonge… Et cela valait bien un hommage.
Les belles lettres laissent des traces que les metteurs en scène empruntent pour des noces chimiques. Les livres sédentarisent le verbe et deviennent mémoire quand le filmage incarne et enfante ; alors s’accouple dans un mouvement de cinéma, l’art littéraire et l’art pictural. À Gérardmer, nous sommes les témoins de ce mariage pour le meilleur et pour le pire, où coagule un « gore » de l’au-delà de la raison, siège périlleux de vérités ignorées.
Gareth Edwards, à travers Monsters et The Creator, nous plonge au cœur d’une esquisse apocalyptique, où s’entend « Le Cri » de Munch, quand Godzilla et Rogue One revisitent avec impétuosité le fabuleux… Cela valait bien un hommage.
Les films de la compétition marquent l’évolution ou l’involution d’un genre affranchi de l’éthique mais dépassé par le réel. Le fantastique de ce jour réside plus dans son étymologie que dans une fantasmagorie appauvrie, miroir de décomposition des fragilités humaines. Cette édition réfléchit la peur et la monstruosité qui habillent les écrans mais déshabillent les âmes. Place aux esprits sous ciel, bâtisseurs de bienfaisance.
Bruno Barde,
Directeur du festival.
Le jury longs métrages.
- Mélanie Bernier (comédienne)
- Bernard Werber – Président du jury (auteur, journaliste & réalisateur)
- Camille Chamoux (comédienne, humoriste & scénariste)
- Mathieu Turi (réalisateur & scénariste)
- Alessandra Sublet (animatrice, chroniqueuse, écrivaine & comédienne)
- Caroline Anglade (comédienne)
- Jean-Paul Salomé (réalisateur & scénariste)
- Clovis Cornillac (acteur & réalisateur).

Compétition.

- AMELIA’S CHILDREN de Gabriel Abrantes (Portugal)
- EN ATTENDANT LA NUIT de Céline Rouzet (France & Belgique)
- LA DAMNÉE d’Abel Danan (France)
- PERPETRATOR de Jennifer Reeder (États-Unis)
- RESVRGIS de Francesco Carnesecchi (Italie)
- SLEEP de Jason Yu (Corée du Sud)
- THE FORBIDDEN PLAY d’Hideo Nakata (Japon) – Film d’Ouverture
- THE FUNERAL d‘Orçun Behram (Turquie)
- THE SEEDING de Barnaby Clay (États-Unis)
- WHEN EVIL LURKS de Demián Rugna (Argentine).
Hors compétition.

- CONCRETE UTOPIA d’Um Tae-hwa (Corée du Sud)
- IT’S A WONDERFUL KNIFE de Tyler MacIntyre (États-Unis)
- KAIDAN. HISTOIRES ETRANGES DE FANTOMES JAPONAIS d’Yves Montmayeur (France) – documentaire
- LA MORSURE de Romain de Saint-Blanquat (France)
- LE MANGEUR D’ÂMES de Julien Maury & Alexandre Bustillo (France)
- NEW LIFE de John Rosman (États-Unis) – Film de Clôture
- ROQYA de Saïd Belktibia (France)
- SHARKSPLOITATION de Stephen Scarlata (États-Unis) – documentaire
- SUPER LION de Rasmus A. Sivertsen (Norvège) – séance jeune public
- VAMPIRE HUMANISTE CHERCHE SUICIDAIRE CONSENTANT d’Ariane Louis-Seize (Canada).

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