L’affaire avait fait grand bruit dans le Landerneau du football vosgien. Le 18 novembre 2024, la commission de discipline du District des Vosges de Football avait suspendu pendant deux mois le prĂ©sident d’un club (Monsieur X) et un joueur (Monsieur Y) du club adverse.
En l’occurrence, la commission les avait sanctionnĂ©s car après un match de son club en DĂ©partementale 3 jouĂ© le 29 septembre 2024, ils auraient demandĂ© Ă l’arbitre de transformer en un simple carton jaune un carton rouge qu’il avait adressĂ© Ă un joueur de l’Ă©quipe de Monsieur Y.
Grand bruit car Monsieur X est Ă©galement membre de la commission de discipline du District des Vosges de Football. Qu’un prĂ©sident de club (Monsieur X) ait formulĂ© une telle demande en faveur d’un adversaire apparaissait toutefois pour le moins Ă©tonnant…
Et bien, justement, l’affaire vient de faire pschitt comme aurait dit un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique : la commission d’appel du District des Vosges de Football a annulĂ© totalement la sanction de Monsieur X lors de sa rĂ©union du 19 dĂ©cembre 2024.
Et pour cause, il est apparu que l’arbitre a livrĂ© deux versions contradictoires de l’affaire : il a d’abord expliquĂ© avoir fait une erreur d’apprĂ©ciation et annulĂ©, après le match, le carton rouge au profit d’un simple jaune.
Et 24 jours plus tard, il relatait une toute autre version, mettant en cause Messieurs X et Y et cela suite Ă la demande d’un membre de la… commission de discipline (Monsieur Z).
Face aux dĂ©clarations fluctuantes de l’arbitre, la commission d’appel a logiquement considĂ©rĂ© qu’elles « font naĂ®tre un doute raisonnable quant Ă la rĂ©alitĂ© des agissements dĂ©noncĂ©s ».
Et face Ă au second rapport de l’arbitre demandĂ© par un membre de la commission de discipline (Monsieur Z), la commission d’appel a rappelĂ© que « Les membres des organes disciplinaires se prononcent en toute indĂ©pendance… ». Avant de naturellement considĂ©rer que « les Ă©lĂ©ments de la procĂ©dure laissent apparaĂ®tre un doute manifeste quant Ă l’indĂ©pendance devant gouverner l’organe disciplinaire ».
Monsieur X, qui Ă©tait assistĂ© d’un avocat devant la commission d’appel, sort donc totalement blanchi au terme de cette affaire, pour le moins « abracadabrantesque » comme aurait dit un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique.
Reste Ă savoir quelle sera l’ambiance lorsque Monsieur X et Monsieur Z se retrouveront pour siĂ©ger au sein de la commission de discipline et juger d’autres affaires. La trĂŞve hivernale semble tomber Ă point nommĂ©.
