Un partenariat stratégique renforcé entre le Ministère des Armées et la Région Grand Est  

Le Grand Est, par sa situation géographique et la présence militaire qui le place au 3e rang  des régions françaises en termes d’effectifs se positionne comme un acteur clé de la  défense nationale et européenne. Son engagement, existant depuis plusieurs années et  inscrit dans la durée, se traduit par des actions pour soutenir les Armées et renforcer la  résilience du territoire.  

Lors de la séance plénière du 27 mars 2025, la Région Grand Est et le Ministère des Armées  ont officiellement acté leur engagement dans un travail commun visant à renforcer et  compléter leur partenariat afin de soutenir les forces armées présentes dans le Grand Est  et d’accompagner les filières industrielles stratégiques.  

Un contexte géostratégique spécifique au Grand Est  

Le Grand Est, région frontalière de quatre pays (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Suisse), occupe une  position géostratégique centrale dans le dispositif de défense français et européen. Avec 23 régiments,  2 bases aériennes et près de 36 000 femmes et hommes relevant du ministère des Armées, elle est la  3e région française en termes d’effectifs civils et militaires. Cette présence militaire contribue non  seulement à la sécurité nationale, mais aussi à la dynamique économique, sociale et démographique des  territoires.  

Une coopération déjà engagée  

Depuis plusieurs années, la Région Grand Est a développé une collaboration étroite avec les acteurs de  la Défense. En 2019, un premier accord-cadre a été signé avec l’État-major de la zone de défense de  Metz. Cet accord a permis d’initier des actions concrètes en faveur de l’emploi des conjoints de militaires,  de la reconversion professionnelle des anciens ressortissants du ministère, de la promotion de la réserve  opérationnelle et de la valorisation des métiers des Armées auprès des jeunes publics.  

La Région s’est également engagée très tôt dans le développement du Service Militaire Volontaire (SMV).  Entre 2022 et 2024, ce dispositif a permis à plus de 830 jeunes éloignés de l’emploi de bénéficier d’une  formation citoyenne et professionnelle, financée par la Région.  

Une convention 2025–2027 pour structurer un partenariat stratégique  Lors de la séance plénière du 27 mars 2025, les élus du Conseil Régional ont approuvé un engagement  commun visant à préparer, d’ici fin 2025, une nouvelle convention de partenariat pluriannuelle avec le Ministère des Armées. Cet accord vise à répondre à de nouveaux enjeux, en cohérence avec les  compétences de la Région et les besoins exprimés par les acteurs locaux de la Défense.  

Trois axes de coopération prioritaires  

1. Soutenir la Base industrielle et technologique de défense (BITD) : en accompagnant les entreprises  régionales de la filière, en sécurisant les approvisionnements, en encourageant l’innovation, et en  facilitant l’accès aux marchés de la Défense pour les PME et ETI. 

2. Promouvoir les métiers des Armées : par des campagnes de communication ciblées, des actions de  sensibilisation dans les établissements scolaires, des partenariats avec les centres de formation, et le  soutien aux dispositifs d’insertion comme le SMV.  

3. Renforcer l’ancrage territorial des forces armées : en facilitant l’accueil des familles, l’accès à l’emploi  des conjoints, le logement, les services publics, et en consolidant la présence des unités dans les  territoires ruraux.  

Un impact économique et social significatif  

La présence militaire dans le Grand Est représente un levier économique majeur. En 2022, 1 818  entreprises de la région ont bénéficié de 124 M€ de paiements directs du ministère des Armées  (source : Observatoire économique de la Défense, 2024). À titre d’exemple, à Saint-Dizier (BA 113), une  personne sur vingt est directement concernée par l’activité de la base. À Étain (3e RHC), ce sont près de  1 500 personnes qui en dépendent économiquement.  

Une gouvernance partagée et territorialisée  

Pour élaborer cette nouvelle convention, trois groupes de travail seront mis en place, associant les  services de l’État, les représentants des Armées, les élus régionaux et les acteurs socio-économiques  concernés. Ces groupes porteront sur : la filière défense, l’attractivité des métiers, et l’ancrage territorial.  Les commissions du Conseil Régional les plus concernées seront mobilisées. Un comité de pilotage  assurera la coordination et la définition des priorités d’action. Les travaux pourront être organisés dans  les territoires afin de garantir une approche au plus près des réalités locales.