Le Thillot – Les Variétés Piano-Bar se transforment et retournent aux sources

Il y a sept mois, Christophe Laurent et Emilie Briot ont repris l’établissement « Les Variétés » situé au 10, rue Jules-Ferry au Thillot. Une page se tournait pour ce lieu tenu durant plusieurs décennies par la famille Roueff.

Les premiers réaménagements

Dès leur arrivée, les nouveaux propriétaires ont procédé à quelques changements dans le mode de fonctionnement de l’établissement. Emilie et Christophe ont décidé de ne pas reprendre les activités Française des Jeux et PMU mais ils ont tenu à garder les activités cinéma et thés dansants.

La partie bar a vite été transformée avec du nouveau mobilier pour amener une nouvelle ambiance cocooning qui, visiblement, plaît à la clientèle qui grossit de mois en mois. Pour compléter ce nouveau style, Emilie et Christophe proposent des concerts les vendredis soir et il est même possible de venir s’exprimer librement et culturellement sur une scène ouverte les samedis soir.

On refait la grande salle

La grande salle de l’établissement, où se déroulent les  thés dansants du dimanche après-midi, avait besoin d’un coup de neuf. C’est pourquoi les nouveaux propriétaires ont pris leur courage à deux mains afin de redonner un coup de jeune dans cet espace d’une surface de 180 m2. Ces travaux ont porté sur la restauration du mur du fond de la salle qui, il y a plusieurs décennies, servait d’écran de cinéma. Ca s’est traduit par un nouvel enduisage puis d’un coup de peinture sur la salle au complet. Le but est d’amener et de proposer un univers très chaleureux au public qui vient danser au son de l’accordéon.

Un retour aux origines

Féru d’histoire, Christophe et Emilie ont pris le temps d’étudier le passé du bâtiment et plus particulièrement de la grande salle. Il leur est alors apparu que l’établissement est une infrastructure qui faisait partie des projets de développement de la commune envisagé par Constant Sarazin qui fut maire de 1893 à 1910. Et c’est ainsi, qu’en 1901, il est décidé de faire construire une série de constructions telles que l’église Saint-Jean Baptiste, le groupe scolaire de garçons Jules-Ferry et l’Hôtel des Postes qui se trouvait alors dans ce qui s’appelait l’Avenue du Ménil. Pour compléter le développement de ce quartier, est alors construire la Salle des Variétés sur l’initiative d’Hilaire Mourot qui y possédait déjà un établissement nommé « Salle du jardin Mourot ». Bâtie par l’entrepreneur Feltz, la salle des Variétés est inaugurée en 1901. Elle sert alors, durant de nombreuses années, pour des manifestations associatives et culturelles et plusieurs pièces de théâtre y sont présentées comme, pour l’exemple, « On ne badine pas avec l’amour »et « Il ne faut jurer de rien » d’Alfred de Musset. Dès 1903, les Thillotins voient arriver une nouvelle attraction, le cinématographe grâce à un appareil acquis par Hilaire Mourot. Tous ces éléments réunis dynamisent la vie du Thillot qui était alors le pôle culturel de la vallée de la Moselle.

Les années passent de décennies en décennies, le principe de fonctionnement des Variétés évolue et l’établissement devient un complexe polyvalent et culturel pour être aujourd’hui « Les Variétés – Piano-Bar » avec ses thés dansants, ses soirées et ses deux salles de cinéma et son espace bar.

Ces recherches et les dernières restructurations donnent maintenant envie à Emilie et Christophe de renommer la salle de danse au nom de Constant Sarazin ou de Hilaire Mourot. Une dénomination qui ne saurait tarder. En attendant, « Les Variétés Piano-Bar » continue de se développer dans l’univers culturel de la CC-BHV (Communauté de Communes des Ballons des Hautes-Vosges). Christophe et Emilie projettent même de faire revivre l’établissement comme au début du XXe siècle en accueillant des pièces de théâtre puis des concerts classiques et d’autres spectacles vivants ; sans oublier, si la demande survient, de participer à la vie scolaire du secteur. Une première participation de ce style a d’ailleurs eu lieu en juin avec la diffusion sur grand écran du film « Résistants ». Un film imaginé, réalisé et joué, entre autres, par les élèves du RPI Saulx-Ferdrupt sous les directives de leur enseignante Marie-Clotilde Etienne.