« La liste est longue des atteintes au libre accès au milieu naturel, qui conduit à l’exclusion de l’homme dans ce petit paradis qu’était le massif du Grand’Ventron » dénonce Maurice Claudel, ancien maire de Cornimont durant deux mandats de 2001 à 2014, dans un courrier à lire ci-dessous.
Après la fermeture hivernale de la route côté Cornimont, prolongée cet été sous le prétexte fallacieux de travaux…. à 2 kilomètres, de sentiers pédestres fermés sous couvert de sécurité, avec la floraison de pièges photographiques aussi nombreux que les caméras en ville, après la prolifération de barrières et de banderoles barrant les courues forestières, nous constatons la démolition en catimini du chalet de la Méreuille à quelques centaines de mètres de la chaume.
La stratégie fut subtile pour parvenir à cette fin : ce chalet, construit par la commune de Cornimont, et donc financé par les habitants, était implanté en forêt domaniale avec un bail de location du terrain concerné. Il suffisait d’attendre l’échéance pour augmenter le loyer de façon inconsidérée, et contraindre ainsi la commune à refuser son renouvellement. Le champ était
libre…Quelle sera la prochaine étape ? Le dé-goudronnage de la route tel qu’il avait déjà été envisagé peu de temps après la création de la réserve ? L’homme est une composante de la nature, et l’exclure est aussi irresponsable que de l’y laisser tout faire.
On nous dit que la forêt appartient à l’état et qu’il peut y faire ce qu’il veut. Cela ne justifie pas d’y faire n’importe ! Ses représentants doivent entendre la population locale qui rejette de façon quasi unanime, (voir l’enquête publique ), des décisions aberrantes comme l’acharnement à vouloir imposer la déportation des tétras contre l’avis de tous et à quel prix.
Quand va-t-on cesser de mépriser l’avis des autochtones qui ont pourtant la science du bon sens, une valeur bien absente dans les décisions contre nature des sachants extérieurs, cachés derrière leurs certitudes.
Né au pied de la réserve, technicien forestier sur le massif plus de 20 ans, maire honoraire de Cornimont et ancien administrateur du Parc des Ballons, j’estime avoir la légitimité de dire et d’écrire ce que j’entends tous les jours, à savoir que la population locale n’accepte plus ce rouleau compresseur qui, étape après étape, détruit notre qualité de vie en osmose avec la nature, au profit d’un monde réglementé, surveillé, ou l’on écarte, de l’homme aux prédateurs, tous ceux qui dérangent les projets de quelques uns.
Que reste-il du bon sens montagnard, de l’écoute et du respect de l’autre, de la notion de la valeur de l’argent public ? Cette dérive en milieu naturel n’est pas anecdotique, elle est exemplaire du délitement de notre démocratie.
Attention : DANGER !
Maurice CLAUDEL.



Un grand merci, Maurice pour cet article plein de bon sens.