Face aux pertes de récolte liées au manque de précipitations, plusieurs dispositifs d’indemnisation et de soutien financier ont été validés pour les exploitations agricoles vosgiennes. Lors de sa conférence de presse jeudi 15 octobre 2026, le préfet des Vosges Blaise Gourtay a détaillé les mesures prévues, entre aides aux filières touchées, allègements fiscaux et soutien à la trésorerie des exploitants.
La sécheresse qui sévit dans les Vosges fragilise les exploitations agricoles et entraîne des pertes de récolte. Pour répondre à cette situation, le préfet a présenté plusieurs dispositifs de soutien dont les demandes ont toutes été validées en comité national. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du plan climat-sécheresse-incendie, avec un objectif : accompagner les agriculteurs face aux conséquences économiques du manque de précipitations.
Des indemnisations pour les filières touchées
Plusieurs aides sont prévues afin de répondre aux difficultés rencontrées par les différentes filières agricoles. Un premier dispositif concerne notamment le maïs, l’ensilage et le bleuet, selon les éléments présentés lors de la conférence de presse. Un deuxième volet vise les pertes de récolte, en particulier dans les filières des sapins de Noël et de l’héliciculture, c’est-à-dire l’élevage des escargots.
À ces indemnisations s’ajoutent des mesures fiscales destinées à alléger les charges des exploitants. L’État prévoit notamment la prise en charge de certaines cotisations ainsi que des allègements de taxe foncière sur les propriétés non bâties. Des dégrèvements peuvent également être accordés au cas par cas, en fonction de la situation des exploitations.
Deux millions d’euros d’exonérations et un soutien au GNR
Le volet fiscal représente un soutien important pour le département. Au total, deux millions d’euros d’exonérations sont annoncés dans les Vosges.
Le dispositif comprend également une aide liée au gazole non routier (GNR), indispensable au fonctionnement des engins agricoles. Un guichet spécifique a été ouvert et 774 000 euros sont mobilisés à ce titre dans le département. Au total, 2 500 demandes ont été présentées dans les Vosges.
En complément, des prêts à taux zéro seront accordés, avec une prise en charge annoncée par l’État. Des moyens supplémentaires sont également en cours de déploiement afin de répondre aux besoins des exploitants les plus fragilisés.
Un fonds de réarmement pour accompagner les exploitations
Autre mesure annoncée : la mise en place d’un fonds de réarmement, destiné à soutenir les agriculteurs confrontés aux difficultés économiques engendrées par la sécheresse.
Deux catégories de bénéficiaires sont distinguées. Les maraîchers pourront percevoir une aide de 2 000 euros, tandis que les nouveaux exploitants pourront bénéficier d’une subvention comprise entre 4.000 et 5.000 euros. Pour cette seconde catégorie, 361 dossiers ont été déposés dans les Vosges.
L’enveloppe départementale consacrée à ce fonds s’élève à 1,54 million d’euros. À l’échelle nationale, le dispositif représente une enveloppe de 235 millions d’euros.
Les Vosges parmi les départements les mieux dotés
Selon le préfet, les Vosges bénéficient d’une enveloppe importante au regard de la répartition nationale des aides. Cette situation s’explique notamment par la place de l’élevage dans l’agriculture départementale, un critère pris en compte dans l’attribution des financements.
Le dispositif doit toutefois tenir compte des réalités propres à chaque territoire. Début novembre, le préfet prévoit de réunir à nouveau les différentes parties prenantes afin de faire le point sur les mesures mises en œuvre et de vérifier leur adéquation avec les besoins du terrain.
Dans les Vosges, l’objectif est de proposer un accompagnement cohérent avec la configuration agricole du département et les difficultés rencontrées par les exploitants.
Un accompagnement appelé à se poursuivre
Entre indemnisations des pertes de récolte, allègements fiscaux, soutien au carburant et aides à la trésorerie, l’État entend apporter une réponse à plusieurs niveaux aux conséquences de la sécheresse.
Pour les exploitants vosgiens, l’enjeu est désormais de pouvoir mobiliser les dispositifs auxquels ils sont éligibles et de limiter les répercussions de cette crise climatique sur la pérennité de leurs activités. Le prochain rendez-vous prévu début novembre permettra de dresser un nouveau bilan et, si nécessaire, d’adapter les réponses aux besboins des différentes filières agricoles.
D.J.
