Remiremont – Pour mieux comprendre le pourquoi de la suppression de la navette…

Ainsi que nous l’avons écrit, la navette de transport urbain a effectué son dernier service le 30 juin dernier. Dans la quasi totalité des contrées de France, il apparaît que ce sont désormais les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale  (EPCI) qui exercent  cette compétence « mobilité ». Et la ville de Remiremont faisait en la matière figure d’exception. « Une exception héritée du 20ème siècle » a précisé le maire Jean Hingray, tout en indiquant : « on comprend bien que les questions de déplacements ne peuvent plus se concevoir à l’échelle d’une seule commune ».

Pour faire en 1er lieu un petit retour en arrière, c’est dans les années 1970 que la ville de Remiremont met en place un service de transports urbain sous la forme d’une navette qui sillonne alors la cité les mardis et vendredis. Destinée initialement à desservir le quartier du Rhumont en plein développement urbanistique et démographique à cette époque, le service de la navette s’est étendu au fil des années à d’autres quartiers.

Si d’un côté, le service rendu plaisait aux usagers habituels, il s’avère que depuis de nombreuses années, les municipalités successives  se sont régulièrement posées la question de ce service qui ne répondait plus exactement aux nouveaux modes de déplacements de la population, tout en n’étant plus adapté à la baisse démographique constatée notamment sur le quartier du Rhumont depuis une vingtaine d’années.

Par ailleurs, partant du constat de nombreuses carences sur le territoire, la Loi d’Orientation des Mobilités, dite loi LOM, est venue en 2019 décider que la compétence mobilité serait désormais exercée sur l’ensemble du territoire de la République. C’est ainsi que les Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (les EPCI), ont jusqu’au 31 mars 2021 pour se saisir de cette compétence. Faute de quoi, ce seront alors les régions qui seront compétentes pour assurer l’organisation des mobilités à compter du 1er juillet 2021.

Transport social à l’étude mais aussi champ libre à l’intercommunalité…

Pour le maire romarimontain, « il était désormais temps pour la commune d’anticiper ces échéances ». Jean Hingray ne pouvant que constater : « notre service de transport était désormais peu utilisé, avec seulement 10.000 voyages annuels pour un coût total résiduel  moyen de 50.000 € l’an ». Pour être au plus clair, il poursuit : « soit un coût d’environ 5 € par voyage, c’est à dire 10 € pour un aller/retour pour une seule personne ou 20 € environ pour un aller/retour d’un adulte accompagné d’un enfant ». Et d’insister plus précisément : « cela montre le caractère extrêmement déficitaire de ce service  qui ne fonctionne que deux journées par semaine et ne répond de toute façon pas toujours aux besoins de nos habitants ».

Face à une société qui évolue, à une modification des modes de déplacement et de consommation, « il était important pour la ville de s’adapter » martèle le maire romarimontain, précisant  à la suite : « notre équipe a été contactée par l’ARES qui travaille actuellement à la création d’un service de transport social qui répondrait spécifiquement  aux besoins de déplacements de nos concitoyens ».

C’est ainsi que le conseil municipal a décidé de mettre fin, à l’exercice par la ville, de cette compétence de transport urbain, et de laisser le champ libre d’une part à l’intercommunalité pour faire ses preuves à une échelle cohérente, et d’autre part au tissu associatif local pour assurer les missions sociales de proximité dont les concitoyens ont besoin.

Des étapes évolutives d’ores et déjà attendues avec une certaine impatience du côté des habitués de la précédente navette…

Denis Philippe.